L'Enlant martyr
(îomplainte moderne, recueillie dans le Jura bernois et aiv
V'^alais, en 4 versions:
A: Chansonnier Cécile Jolidon, de Saint-Brais, à Porrentruy
(Berne).
B: Chansonnier 1906, Maria Périat, à Aile (Berne). C: Chansonnier 1898, Juliette Gassmann, à CharnioiUe
(Berne).
Ces trois versions identiques, ont 5 strophes de 12 vers: 8 X 6, et 4 X 10 syllabes (soit ô -1- h).
D: Chausonnier 1904, Madelkixe Foeclaz, Villars s;' Evolène
Yaais).
Identique comme texte, à d'insignifiants détails près,
départage les strophes en : 1 strophe 8 X 6, 1 strophe à 8 X 5.
Nous adoptons cette coupe en ramenant le texte à 5
strophes de 16 vers, ce qui correspond à la mélodie chantée
par M. Gassmann, né en 1832, à Charmoille. Elle est moderne
et concorde, par son style, avec la date des chansonniers cités.
Jloderato
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1. Un cri - me c - pou - van - ta - ble Fai -saut fi'é - iiiir d'hor-
r=^-T=r?fB
3îî
Vn lâche, un mi - si' - ra-lile, Un sau - vage,
^|^^=f^^^Eg^^=J^^Eë
un sans cieiir
Mar - ty - ri - sait un au - fj^c
feEEb=g J j" jrj^n^^i^
Son tout ]ie - tit en - faut, Plein d'u ■ ue rage
^l^^^^^iiP^
tran - go, Fraji - pait cet in - no - ccot. Le ]iau - Tre jie
^:^Ë^^^^^'^'pPl=^^^.
tit n'a - vait plus de niè - re Pour veil - 1er sur lui
^|^J-J^=gd^gas^^^E;P^^^^^
Au-iirès de son lit. Quel des-tin uiau - dit, Pan-vre pe - tit Pier - re, T'a - vait donc l'rap - pé De fa - ta - li - té?
Loricpn! le jietit Pierre Demaiulait à manger, C'était pour l'odieux pore L'occasion de frapper.
L'hoinine, brute et féroce D'un couteau de boucber Le piiiue, cbose atroce, En l'envoyant coucher.
- - Va, lui disait-on, Dans la iiourritnre, La boîte à savon, l'onr toi c'est trop bon.
Non, pas de pardon ; Va donc dans l'ordure ; Là tu dois trouver A te rassasier.
Le père, la marâtre, (jraiguant le dénouement, Discutaient près de l'âtre Sur le sort de l'enfant.
Tout, disait l'odieux père, Le noyer au jilus tôt, Mais la vieille mégère Craint qu'il revienne sur l'ca Ils partent le soir Achever leur crime, Choisir un coin noir .\u sombre couloir [?] l'our lui, plus d'espoir, 0 pauvre victime !
On va le trouver l'rèt à expirer.
l'iuitou, If bon caniche Avec lui partageait Le soir près de sa niche Le ])eu qu'on lui donnait.
Seule, la bonne bète Aimait le pauvre enfant.
Va seule le regrette . . .
Ah! quel tableau touchant!
Mais il expiait (^ette gourmandise, Et le martinet Sur lui se brisait ; Puis on lui passait La main toute vive .Vu poêle brûlant, .\li! le pauvre c-nfant!
(t pauvre petit ange.
Tu dors bien maintenant.
La mort dans ses grands langes Te berce doucement.
Ta petite àmc vole .\u ciel, pauvre mignon; D'une blanche auréole Nous ornerons ton front.
Mais entendez-vous, Meurtriers inl'àmes, Les cris de courroux Monter jusqu'à vous?
C'est trop doux pour vous, Le poison, le bagne !
Il sera vengé, Le iiaiivre bébi' !