‹ Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande (volume 2)Chapitre 69 sur 128 · Chanson de Farinet · texte numérisé non relu

Chanson de Farinet

[Sur l'air: ]\Ia Xijrinaiiilie.\

J'ai cru trouver loin de la Doire Un séjour plus cher à mon cœur Plain d'un espirant sur les Zoircs

[d'une espérance illusoire] Allons chercher cliez le bonheur

[Ailleurs j'ai cherché le bonheur]

Mais quand j'ai connu ma folie, Sentant mon cœur brûlant d'amour, J'ai voulu revoir ma patrie Et ceux qui m'ont donné le jour.

J'ai cru trouver des plaines fertiles, Des collines et des vallons.

Des prairies, des lacs tranquilles, Des champs couverts de moissons.

J'ai vu le ciel de l'Italie, Les chers Français, j'ai vu X'Asir, [Asie] Mais les plus beaux jours de ma vie Moi je les coule dans mon pays.

J'ai voulu comme les hirondelles Chercher un ciel, un doux éftir: [zéphir] Mais quand la maison paternelle Vint s'offrir à mon souvenir.

J'ai bu dans la coupe étrangère Du vin vieux et du vin nouveau ; L'on a souvent rempli mon verre De* Champagnes et de* Bordeaux.

Je me suis dit, l'âme attendrie:

— Renonçons au pays lointain ; Je veux vivre dans ma patrie, J'y veux mourir d;ius son sein

Dis-tow, ce vin n'a point de lie, C'est une bien douce liqueur ; Mais /(- natal de ma patrie [Pair] Renferme encore plus de douceur.

J'ai tant couru des jours sereains [?] Dans [tous] ces jiays étrangers, J'ai trouvé «les amis fidèles Entre les bras defa] (mes) Valaisans.

Loin de ma reconnaissance Mon cœur sera toujours soumis; Je garderai tout mon innocence Le souvenir de mes amis.

Cantd. anilci, (?) [Quant à] c'était ma Que je réserve mes amours. [mère Toujours, toujours je la chéris, Et Je la chérirai toujours.

Le sort qui m'a donné naissance C'est un sort bien infortuné; Je préférerais toute la France Que ce beau pays que Je suis né [au].

«Exemple curieux de déformation d'une chanson, et de son attribution à un personnage devenu célèbre dans le peuple. Farinet, le faux monnayeur valaisan fut traqué bien des mois par la gendarmerie. Protégé et caché par les bergers, pour lesquels il était très bienfaisant et fort généreux, il put échapper à toutes les recherches de la maréchaussée valaisanne. Cependant, aperçu un jour sur un rocher, il fut abattu par un gendarme d'une balle au front, près de Leyteron vers 1880 — 1883. Ce sont ses courses et ses fuites qu'un poète du terroir a voulu décrire. Il a pris pour modèle ia Vàldôtaine: «J'ai cru trouver loin de la Doire-», qui est elle-même une imitation de Ma Normandie et se chante sur le même air.» [R.]

Chansonnier Joséphine LuaGN-WoniLLOz, Trient (Valais),

119. Complainte sur la mort subite d'un jeune homme. [Récit posthume du défunt.)

Deux versions du Val d'Anniviers :

A : Chansonnier Mélanie Vouabdoux, 1899, à Grimentz

(Valais). Mélodie I.

B : Chantée par Béatrice Epiney, à St-Jean d'Anniviers (Valais).

RossAT n'en note que la mélodie (II) et le premier vers qui demande, au troisième, une auti'e rime que <i. sensible».

S^JXLJi^E^^^E^^i=^

La mort, hé - las tou-jours [pé - ni - ble], Re - dou - ble

jiar - fois ses ri - gueurs ; A - lors qu'u - ne perte est sen-

^^^^=J=pJ^^=j=p=^^i^

si - ble Qui pourrait re - te - nir ses pleurs ? Sans

grâce et sans mi - se - ri - cor - lie, Les pa - reuts

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qu'on ai -me le mieux, Don que le Cré - a - leur ac-

cor - de. Mort, tu le ra - vis à nos yeux.

Moderato.

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[La mort, hé - las, toujours cru - el - le]

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^==f:r^^=Fr^=:^;ipi==^^J,=^E^m

Que le temps passe avec vitesse Vingt cinquans et quelques jours.

Déjà la tin de ma jeunesse La mort m'arrête le cours.

Oh sort! c'est dans un lieu champêtre Oh seul, hélas! je dois finir; Chers parents qui m'avez vu naître Vous ne me verrez pas mourir!

Joyeux, j'allais tenir la classe, Lor qu'au sentier les plus trompeurs, Soudain je tombe sur la glace, En vain je crie et je [me] meurs.

Hélas! personne pour m'entendre, Personne pour nie secourir, Le précipice il faut descendre, Jésus, pardon, je dois mourir.'

Trois jours se passent sans qu'on sache Où comme un cadavre j'étais; C'est sou œuvre que la mort cache, Pour frapper plus fort que jamais.

Ah! quelle lugubre journée!

Que le 6 janvier, jour des Rois !

Quand on apjirit sa destinée Dieu, quels pleurs, quels cris à la fois.

Et c'est une illusion soudaine, [surpris] Qui trompe mes regards soupirls Vit c'est un songe, (et c'est) une ombre Qui glace d'effroi nos esprits, [vaine D'un ami, c'est le corps difforme.

Méconnaissable à tous les yeux D'un ami, c'est le corps difforme, Que son âme habite les cieus.

Pleurez, parents, jileurez sans cesse, Pleurez la rigueur de mon sort; Quoi, dans la fleur de la jeunesse.

Sans y songer, trouver la mort!

Que la mort pour l'homme est trompeuse Qu.ind il marche d'un pas certain, La vie, hélas! [la] plus heureuse Ne compte ])Iu3 le lendemain.

De vos cris que l'air retentisse.

Que vos pleurs grossissent les eaux ; Du ciel j'ai subi la justice.

Je me trouve au sein du tombeau.

En vain vous m'attendez encore, Inutile espoir et vain souhait, Jusqu'au jour de la grande aurore.

Vous ne me verrez plus jamais.

Adieu cher père et chère mère, Adieu chers frères et chères sœurs !

Ah! votre douleur est amère, Que la foi console vos cœurs!

Animez-vous par l'espérance Un jour au ciel de nous revoir, A Dieu donnez la préférence, (En) [sinon] vain sera votre espoir.

Ma chair au tombeau (est) descendue; Pour elle les jours sont des nuits.

Ne me perdez jamais de vue.

Priez pour moi, loin des ennuis.

Ra])pelez-vous ciuc la demeure.

Que le trois janvier m'a jeté, Chacun [de] vous attend (à votre) [son] N'oubliez pas l'éternité. [heure,

Dieu veut que Isaac sacrifie, Sacrifiez donc aujourd'hui ; Cet enfant plus cher que la vie, Dites qu'il soit [voué'?] à Lui.

Qui sait, si dans le cours de l'âge, Mieux eût été plus tard son sort?

Ton âecet [décret] est un avantage Quand heureux l'on arrive au port.

Que sert à la dernière heure.

Des jilaisirs le jour le plus beau, Lorsqu'il faut que le corps demeure Dans l'obscurité des tombeaux!

Ah! pour lors la seule richesse C'est d'avoir servi le Seigneur; Qn'heureu(a,')[8e] passe la jeunesse.

Quant à Dieu l'on donne son cœur!

Adieu, compagnon[s] de l'enfance.

Adieu, vous tous, mes chers amis, Du Seigneur priez la clémence Pour que le voir je sois admis.

Voyez, j'ai fini ma carrière, Chacun doit le [me] suivre à son tour, Pour reposer au cimetière.

Jusqu'au terrible et dernier jour.

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