‹ Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande (volume 2)Chapitre 96 sur 128 · Geneviève de Brabant · texte numérisé non relu

Geneviève de Brabant

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A: Chansonnier Marie Debons, Savièze (Valais).

Milodie 1. Clef du Caveau, N» 736.

B: Chansonnier Rcsine (tay, Martigny (Valais). C : Publiée par M. le Prof. Basile Luyet (var. valaisanne). Mélodie II.

B n'a que les strophes A 1 et 2, mais en revanche la bonne structure métrique: 4X10 ab ab-{-2X4 ce |-4d-f-6d: nous cherchons à la rétablir dans A, écrit selon la formule 4x10 4-8+ 10, ce qui a provoqué parfois la chute de la rime 4d, devenue interne, et a eu pour conséquence de faire rimer le vei's 7 avec b.

C est un spécimen publié par M. le Prof. Basile Luyet dans le prospectus 1929 de ses Cahiers Vuluisiuis de Folklore. — Cf. Dumersan et Noël Ségur, vol. I, p. 134, une version anonyme dont nous donnons, entre [ ] les variantes. L'air est celui du Cantique de Saint Iloc/i.

Aiiilanti'.

EEE^^^g^r^^M^Ë^

Ap-pro-chcz vous, ho - no - rable as - sis - tan - ce,

E^P^^PI^^g^g^

Pour pu-teii-ilre ri' -ci - ter en ce lieu L"in-no-cen-ce re-con-

nue et pa - tien - ce De (Je - ne - vie - ve très ai - mée de

^s^E^^=c rir ^=F^m

Dieu. K - tant corn - tes - - - se De gran( no - blés - se,

p^r^^-ji^-S^JTt^ZI^

Née de lira - liant É - tait as - su - ré - ment.

' Cantique spirituel sur l'innocence de Geneviève reconnue par son mari. •

Approchez-vous honorable assistance Pour entendre réciter en ce lieu L'innocence reconnue et patience De Geneviève très aimée de Dieu.

Étant comtesse

De grande noblesse,

Née de Brabant

Etait assurément.

Geneviève fut nommée au baptême, Ses père et mère l'aimaient tendrement ; La solitude prenait d'elle-même, Donnant son cœur au Seigneur tout puissant.

Ses [son] grand[s] mérite[s]

Firent [fit] qu'à la suite,

A di.x-huit ans.

Fut mariée richement.

En peu de temps s'éleva grande guerre, Son mari, seigneur du Palatient [Palatinat], Fut obligé par son honneur et gloire De quitter la comtesse pour [en] cet état.

Étant enceinte

D'un mois, sans feinte,

Fit ses adieux,

Ayant les larmes aux yeux.

Il a laissé son aimable comtesse

Entre les mains d'un méchant intendant.

Qui l'a voulu séduire par finesse

Et l'honneur lui ravir forçablement [snliitement].

Mais cette dame

Pleine de flammes N'y voulut convenir nullement [consentir aucunement].

Vo malhoiiroux accusa sa maîtresse I)"av(iii- péelié avec son écuyor ; [ciiisinierj Le serviteur fut fçag"'' P^r caresse', Kt la comtesse fut emprisonnée.

t'Iiose assurée,

Est accouchée

Dans la prison

D'un beau petit garçon.

Le temps iini(t) de (toutes ces) [cette] grande(s) guerre(9)

Ce seigneur s"en revint (dans) [en] son pays.

Golo s'en fut au devant de son maître

Jusqu'à Strasbourg, accomplir son (désir) [envie].

Ce téméraire

Lui fit accroire

Que sa femme adultère avait commis.

Étant troublé de chagrin dans son âme, Il (chargea) il [ordonna à] Golo, ce tyran, D'aller au plus tôt faire tuer sa (femme) [dame] Et massacrer son petit innocent.

Ce méchant traître

Quitte son maître.

Va d'un grand cœur

Exercer sa fureur.

Ce bourreau à [de] Geneviève si tendre La dépouilla de ses habillements.

De vieux haillons la fit vêtir, et prendre Par deux valets fort rudes et très puissants.

L'ont emmenée.

Bien désolée, Dans la forêt avec son cher enfant.

Geneviève approchant du supplice, Dit à ces deux valets tout en pleurant : « Si vous voulez bien me rendre service Faites-moi mourir avant mon [cher] enfant.

Et sans remise.

Je suis soumise A votre volonté présentement. •

[Fit mourir par adresse].

La regarilant, un dit: <• l^)u"allnns nous faire? Quoi? un massacre, je n'en ferai rien!

Faire mourir notre noble [aimable] maîtresse Peut-être un jour elle nous fera ilu bien.

Sauvez-vous, Dame

Pleine de charme,

Dans la forêt,

l^u'on ne [vous] voie jamais.

Au fond d'un bois, dedans une carrière, Geneviève demeura pauvrement, Etant sans pain, sans feu et sans lumière, Xi com[iagnie que [de] son (très) cher enfant.

Mais l'assistance,

[Qui] La substance, [substante]

C'est le bon Dieu

Qui la garde en ce lieu.

Elle fut visitée d'une i>auvre biche Qui tous les jours allaitait son enfant ; Tous les oiseaux chantent et la réjouissent L'accoutument à leur aimable chant.

Les bêtes farouches

Près d'elle se couchent, La divertissent, elle et son cher enfant.

Voici son mari en grande peine Dans son château, consolé par Golo; Ce n'est que jeux et festins qu'on lui mène. Mais tous ces plaisirs sont mal à propos.

Car dans son âme.

Sa chère dame

Pleure sans fin

Avec un grand chagrin.

Jésus-Christ a découvert l'innocence De Geneviève par sa grande bonté.

Chassant dans la forêt en diligence Le comte des chasseurs s'est écarté

Après la biche

(s'enfuit) Qui est nourrice

De son enfant

Qu'elle allaitait souvent.

La pauvre liiclic s'enfuit au plus vito Deilans la grotte, auprès de riiuiocont; Le comte aussitôt la pour.siHYe l'our la tirer de ce lieu prompteiuent.

Vit la figuro

D'une créature i)ni l'fait nue auprès de son enfant.

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