L'Enlèvement en Mer
Avec cette chanson, nous arrivons au cycle des «Belles» qui se tuent pour sauver leur honneur. Voici quelle en est la donnée: Une jeune fille, poussée par la cuiiosité, monte dans une barque pour apprendre ime chanson qu'elle a entendu chanter à un matelot et qui lui a plu. Le marinier, la voyant à bord, pousse au large et veut alors faire Aiolence à la belle et la forcer à se dévêtii'. Celle-ci feint de lui obéir: elle lui emprunte son épée «pom- découdre trois points», et se la plonge dans le cœur, préférant la mort au déshonneur.
C'est un des thèmes les plus répandus^), et qui comporte, comme on jDeut s'y attendre, des péripéties variées. Notre version A présente seule un dénouement tragique. Dans B, la belle ne fait joas de difficultés pour céder au matelot. Dans C, D, E et F, la fille s'endort; à son réveil, elle pleure ses «bonnes grâces», qui lui ont été ravies, mais ne songe nullement à se tuer. A Genève (G), nous avons, comme couplet final, une contamination de la chanson de la «FUle rusée», qui pleure pour attendrh le galant et sauver sa vertu, mais qui se moque de lui, une fois qu'elle se sent en sûreté.
En général, nous avons des vers de 12 syllabes (64-6), mascuhns, dont le second hémistiche, répété deux fois avec un reû'ain, forme un couplet.
Suivant les versions, la belle s'appelle Marianne, Marguerite ou Catherine.