‹ Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romandeChapitre 49 sur 128 · F^^JJ · texte numérisé non relu

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loin Sans que per - sonn' n'en sa - - che rien.

Quaod eir fut au milieu du ch'inin:

— Renaud, Renaud, je meurs de faim.

— Mangez, la belle, maugez vos mains.

Car jamais vous n' mangerez de pain.

Quand ell' fut au milieu du bois:

— Renaud, Renaud, je meurs de soif.

— La bell', versez votre clair saug Car jamais vous n' boirez vin blanc. >

Quand ell" fut au dehors du bois:

— Voyez là-bas cette rivière Où j'ai déjà noyé trois dames; Pour la quatrièm' vous la serez.

— C n'est pas l'affaire aux chevaliers De voir un" fille déshabillé'.

Mais c'est l'affaire aux chevaliers D'y avoir les deux yeux bandés.

La belP tira son blanc mouchoir.

Ses deux beaux yeux lui a bandés.

La belle l'a pris, l'a-t-embrassé.

Dans la rivière ell' l'a jeté.

— Voilà, Renaud, replonge au fond I Voilà où tes trois dam's y sont.

Renaud, tout en plongeant-z-au fond Attrape la branch' de laurier.

La bell' tira son clair' cpé, La branch' de laurier l'a coupé.

— Va-t'en, Renaud, replonge au fond Voilà où tes tniis dam's y sont.

— Oh! que diront tous tes parents, En te voyant seul' dans les champs V

— Je leur dirai qu' j'ai fait de toi Ce que tu voulais fair' de moi.

— Comment f'ras-tu pour t'en aller Le long de ces bois égaré'?

— Je mont'rai sur ton ch'val grison Qui va fort bien le pas mignon.

Chantée par Mme Joséphine Boinay-Corbat, née en 1837, \endlincoiirt.

B. Renaud et ses femmes

^[olle!^ato

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