II. Haute-Savoie
1^. L'Amant nieurtiier
Jeanett', Jeanett' revient d' Geiii've
Eir s'assoit sur un banc Eu y pleurant son cher amant
Il la prit par sa main l)lauche,
Au jardin l'a mené', Trois coups d'épée il a donné.
Sa pauvre mère vient lui dire: Il prit le cœur de sa mie
— Jeannett', qu'as-tu trouve Aussi celui d' l'enfant, <^uand tu n'y fais que de pleurer? A sa mère il en tit [irésent.
— J'ai bien de ((uoi pleurer, ma mère, — Tais-toi, gairon barbare.
J'ai rêvé cette nuit Je te l'ai toujours dit
i)ue m(m amant m'avait trahi. Que ta mie tu ferais mourir,
Trois coups de poing frappe à la porte: — Mèr', préparez-moi un' chemise,
— Jeannett', viens-moi ouvrir. Aussi des écus blancs, Si promptement je te fais mourir. A la guerre si promiitement.
— Amant, tu n'aurais pas le courage ())uand (il) fut hi-haut sur ces montagnes.
De me faire mourir. Il entendit sonner;
Prête d'accoucher que je suis. C'est sa mie qu' l'on enterrait.
U Il se mit les genoux par terre
En s'écriant: — Grand Dieu!
Que je suis donc bien malheureux !
Chans. de Mlle Amélie Mamet, Verrettes, près Douvaine, Haute-Savoie (par M. Henri Mercier, Genève).