Le Mari assassin
Cette chanson et la suivante (l'Amant qui tue sa mie;) ont sensiblement la même donnée et ne montrent de divergences que dans le début et le dénouement.
Dans ceUe-ci, nous voyons un homme marié à «une femme d'honneur», s'éjjrondre d'un amour coupable pour la servante d'un grand seignem'. Il forme le projet de tuer sa fenune. Prétextant une visite à des amis, il l'engage à revêtir
ses habits les plus beaux, puis il la fait monter à cheval, s'éloigne au galop (A H) et ne s'arrête qu'au milieu des grands bois. Là, il ordonne à sa femme de mettre pied à terre et lui annonce qu'elle va mourir. La pauvre épouse l'implore vainement; il lui plonge son épée dans le cœur et jette le cadavre dans la rivière. — Mais la femme a trois frères qui se mettent à sa recherche. B nous montre le mari faisant l'ignorant et «avec ses fi-ères la recherchant». Sur les indications de la «petite bergère des champs», ils finissent par la retrouver et retirent son corps de l'eau. Nos versions ABC (Jura) s'arrêtent ici ; mais les versions du Valais (D E) nous font assister à la punition du mari: les fi'ères le livrent à la justice (jui le condamne à être «pendu et brûlé, les cendres au vent seront jetées».
Aucune de nos versions du Jura n'est complète: A est tout à fait défectueuse. Les versions du Valais sont plus détaillées, sauf F et surtout G. (Les textes donnés par Tiersot, Alp.frr.. p. 152. et Puymaigre, I. p. '231, ne valent guère mieux.)