L'Amant qui tue sa Mie
Je n'ai rencontré cette chanson que dans le Jura bernois; toutes les versions ont la même mélodie.
Nos textes ne parlent pas d'un mari et de sa femme : c'est un amant qui un beau jour et sans qu'on nous dise pourquoi, a l'idée de faire mourir sa maîtresse (D); d'après A et B, celle-ci serait une bergère. L'amant se rend chez sa belle «entre les onze et la minuit.» Comme dans la chanson précédente (No. 13), il la fait lever et l'invite à venir voir des amis. En toute confiance, «elle s'élance dans ses bras, puis d'un bond franchit le mur» (C) et monte sur son cheval. Le
resto du l'rcit est identique; mais le dénouement est autre: le plus jeune des frères, ayant retrouvé sa sœur, l'embrasse en arrosant son corps de ses larmes; il n'est fait aucune mention de l'amant ou de sa punition.
Autant qu'on peut en juger par nos textes, tous fort altérés, ce sont des quatrains de vers octosyllabiques, féminins et masculins, rimant deux à deux [voir C str. 2, 5, 6].
Jura A. Entre onze heures et la minuit