‹ Les chants de bataille et de victoire. 2e sérieChapitre 2 sur 2 · DANS MON HAMAC · texte numérisé non relu

DANS MON HAMAC

Musique de Théodore BOTREL.

Voi-là trois [ans que pour lesj Dar-da ~ nelj-les, Rou - tant, tan-

(1) Pour la musique d’accompagnement s’adresser Au Mirliton (Aristide Bruant, éditeur), 84 , boulevard Rochechouard, Paris.

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guant, J’ai dû lar - guer nos clo-chcrs en den - tel - ies, Tan - guant, rou-

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tant; Mais, de-puis lors, trois sou-ve - nirs fi - dè - les |Me sont tou¬

jours de-rneu-rés con-so -plants.

Dans mon ha - mac, ba-lan-cé sans se-

cousj-se, Dans l'en-tre - potit de mon bà-teau gé - ant, Lors-que, le

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soir, je pense à toi, ma* Dou-ce », Je te sou - ris à tra-vers l’O - cé-

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Voilà trois ans que, pour les Dardanelles, Roulant, tanguant,

J’ai dû larguer nos clochers en dentelles, Tanguant, roulant ;

Mais, depuis lors, trois souvenirs fidèles Me sont toujours demeurés consolants...

Refrain :

Dans mon hamac, balancé sans secousse, Dans l’entrepont de mon bateau géant, Lorsque, le soir, je pense à toi, ma

[« Douce »! t

Je te souris à travers l’Océan!

Je vois aussi ma barque 1 ’ « Yvonne », Roulant, tanguant,

Qui se désole en sa crique bretonne, Tanguant, roulant ;

J’entends, près d’elle, une voix qui fredonne,

Pour la bercer, un doux sône dolent...

Refrain :

Dans mon hamac, si loin de ma chaumière, Dans l’entrepont de mon bateau géant, Lorsque, le soir, je pense à toi, ma mère, Je pleure ainsi qu’un tout petit enfant!

Puis, dans mon Rêve, une image chérie, Tanguant, voulant,

Surgit, soudain, sanglotante et meurtrie, Roulant, tanguant ;

J’entends, alors, l’appel de la Patrie Passer, plaintif, à travers l’ouragan...

Refrain :

Dans mon hamac, sur la vague en démence, Dans l’entrepont de mon bateau géant, Lorsque, la nuit, je pense à Toi, ma France, Je pleure et ris, fou d’Angoisse et d’Espoir !

Crème-de-Menthe

Je recevais à Miio, à bord de « La Foudre », le 15 juin 1917 , la touchante lettre suivante :

a Vous allez me pardonner de la liberté dont « Véquipage de “ Crème-de-M eut lie ” se sert en vous « envoyant les passages que ce bateau a dû souffrir « depuis Tépoque où nous l’avons supprimé aux Grecs « jusqu’à ce moment et, comme nous connaissons votre « obligeance , nous serions très heureux que vous « fassiez ressortir une chansonnette à votre bon goût, « que nous hâterons vite d’apprendre et nous enver- « rons une copie chez nous de façon que, au cas que « nous reviendrons pas dans nos foyers conjugals, « que ceux que nous avons laissés après nous, puis- « sent chanter, d leur tour la gloire de “ Crème-de- « Menthe ”, qui cultivera, pour plus tard, dans ces « petits esprits, un patriotisme encore plus grand. Veuillez agréer... « Le Patron, Auguste G... »»

OO

Air : A Ratignolles , de Bruant.

« Crème-de-Menthe » est un bateau, (Chœur) Est un bateau,

Qui n’est plus jeune et n’est pas beau, (Chœur) Et n’est pas beau.

Mais elle a connu la tourmente,

« Crème-de-Mentu^ ».

Elle est montée par cinq marins,

Basquais, Bretons et Girondins,

Qui l’ador’ent ainsi qu’une amante,

« Crème-de-Menthe ».

Un jour, près de Kératsini,

L’ Patron, quand tout semblait fini,

Sauva de la Mer inclémente,

« Crème-de-Menthe » ;

Mais où ce fut encor plus fou,

C’est quand on mit cap sur Corfou,

Livrant à la Vague écumante « Crème-de-Menthe ».

De Zante au port d’Argostoli,

EU’ navigua d’eau tout emplie,

Sa chaudière à peine fumante,

« Crème-de-Menthe ».

Plus tard encor, sans V « Shamrock deux », Dans l’ouragan le plus affreux,

EU’ sombrait dans la Mer démente,

« Crème-de-Menthe » 1

Un jour, enfin, le « Coqu’licot »,

De Corinthe jusqu’à Milo,

Remorqua la toute charmante « Crème-de-Menthe ».

Depuis lors, du matin au soir,

Eli’ fait gaîment tout son devoir,

Que le flot chante ou se lamente,

« Crème-de-Menthe »!...

Ce que je viens de vous chanter,

« Crème-de-Menth’ » me l’a conté :

Pourtjuoi voudrait-on qu’elle mente,,

« Crème-de-Menthe ? »

Honneur donc à ses Matelots 1 ...

Et que Neptun’, le Roi des Flots,

Sauve toujours de la Tourmente,

« Crème-de-Menthe » !

Milo, i 5 juin 1917.

.... .....1111111...1. mm ..

La « Bague des Tranchées »

Air : La chanson de la mariée.

La « Bague des Tranchées » que tu voulais, Yvonne, Va prendre le chemin de la lande bretonne Par les soins des amis De ton pauvre « promis »...

Comme j’allais quérir la fusée ennemie Pour y fondre l’anneau de ma petite amie,

Une guêpe de plomb M’a percé le poumon.

On dit que je m’en vais m’éteindre sans souffrance ; El c’est au brancardier de garde à 1 Ambulance Que je dicte en ce jour,

Mon testament d’amour ;

Mais, pendant qu’il écrit, moi, j’ai voulu, ma chère, Seul achever, du moins, cette bague de guerre Avec le beau couteau Dont tu me fis cadeau ;

J’y sculpte, de mes mains fiévreuses et naïves,

Un trèfle à quatre feuill’s, en suppliant Saint-Yves De bien vouloir bénir Ce tendre souvenir ;

Qu’il te porte bonheur et — plus tard — ma Jolie, T’obtienne de croiser, au Chemin de la Vie,

Un deuxième amoureux Qui t’aime pour nous deux ;

Lui montrant cet anneau, dis-lui, de confiance :

« Celui qui me l’offrit trépassa pour la France... » ...Et ton futur époux N’en sera pas jaloux.

Ce trèfle à quatre feuill’s, que je baise avec fièvre, C’est du trèfle incarnat, tu vois, puisque na lèvre Y laisse, en l’embrassant,

Une tache de sang.

« Va-t-en, petit anneau que mon Ame accompagne, Vers mes seules Amours, ma « Douce » et ma Bretagne, Porter à toutes deux Mon baiser des adieux ! » *

Rour

nos morts,

sonnez Clairons !...

(D’après le général de Maud’huy, en Lorraine)

Des Morts tombés pour que la France vive encore Voici la Fête... Après les sourds « De Profundis » Chantez-leur — ô clairons ! — de votre voix sonore, Les refrains martiaux qu 'ils ont aimé jadis,

S’ils n’ont pas oublié la discipline ancienne Qui les jetait debout au lever du soleil,

Ils comprendront bien mieux votre voix que la mienne : Clairons, sonnez-leur le « Réveil » !

(Les clairor^ sonnent le « Réveil »). (1)

Vous avez entendu le rude appel du cuivre O Vous, dont nous parlons en frémissant d’orgueil ? Et Dieu, pour un instant, vous permet de revivre Devant les compagnons qui portent votre deuil ;

Hors du charnier qui va de la Flandre à l’Alsace,

Vous vous êtes dressés silencieux et doux.

Officiers et soldats, chacun est à sa place ?

Clairons, sonnez le « Garde à vous ! »

(Les clairons sonnent le « Garde à vous! »)

Ah ! comme maintenant votre âme, si vaillante, D’orgueil, d’amour, de joie aussi va tressaillir Comme tremble un martyr devant la Croix sanglants Pour laquelle il a su longtemps saigner, souffrir ;

Car c’est pour vous montrer l’étendard tricolore Pour lequel, à vingt ans, vous entrez au tombeau Que je vous ai voulus, debout, là, tous encore ; Clairons, sonnez-leur : « Au Drapeau ! »

(Les clairons sonnent « Au Drapeau I »)

Mais, ô nos Morts, tombés, joyeux, pour la Patrie Afin que son renom soit plus fier et plus grand,

Vous espérez encore une autre sonnerie :

La dprnière par vous entendue en mourant,

Celle qui nous promet « La Gloire à boire », celle Dont le rythme affolant fera que nous mourrons Comme Vous, si la France au combat nous rappelle : Sonnezmous « La Charge », ô clairons l

(Les clairons sonnent « La Charge »).,

O jeunes dieux tombés pour le Salut du Monde Mais à jamais vivants dans notre souvenir,

Rentrez tous, à présent, dans la Glèbe féconde Où, grâce à Vous, plus beau va germer l’Avenir!

...Et vous, clairons ardents, que votre voix rageuse Se modère un instant, se radoucisse un peu Pour chanter à nos Morts une ultime berceuse En leur sonnant le « Qouvre-feu »...

(Et les clairons sonnent , lentement, le Couvre-feu »).

(1) Les clairons ne sonnent que la moitié des sonneries.

Chansons ex raites des “ Chants de Bataille et de Victoire ”, de Théodore BOTREL.

Tous droits réservés.

Publié avec l’autorisation de l’auteur strictement exclusive pour les placards.

IMF. GARNIER ET C U , 8AINT-MAIXENT-L "ÉCOLE.

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