PRÉFACE
A QUATBB exceptions près, tous les airs de ce recueil sont d'origine française ou sont si bien connus en France qu'ils y ont acquis, pour ainsi dire, droit de cite. Il y en a plusieurs qui, jusqu'à présent, sont restés inédits ; c'est à l'amabilité de M. Vuilliamy, de Cambridge, que nous les devons. Lui-même les a appris» dans sa jeunesse, de la bouche de sa nourrice, femme d'origine normande.
Le français est moins riche que l'anglais ou que l'allemand en chants qui conviennent aux élèves des classes supérieures, mais, en revanche, il abonde en mélodies pour les tout petits. Nous n'avons eu, ici, que l'embarras du choix. Nous avons pris, dans le grand nombre qui se présentait, les mieux connus seulement.
Nous avons emprunté plusieurs airs à M. Wekerlin. Les recherches de ce savant auteur, dirigées par un talent musical universellement reconnu, ont ramené au jour et sauvé de Poubli qui la menaçait une grande quantité de vieille musique française. Ses Echos du temps passé (en 3 vols., Durant et Fils, Paris) forment un recueil extrêmement riche d'une musique où se réfléchissent à la fois la grâce et la réserve, traits caractéristiques des mœurs françaises de Tancien temps. Toutefois, les compositions de M. Wekerlin étant pour la plupart des chansons d'amour, et convenant peu, par conséquent, à l'âge des élèves auxquels nous destinons notre recueil, nous nous sommes permis, dans plusieurs cas, d'emprunter l'air seulement et d'y adapter d'autres paroles.
Nous avons eu soin de comparer tous ces airs aux éditions conservées à la Bibliothèque Nationale, au Musée Britannique, etc., en nous imposant cette règle : d'adopter toujours la version la plus ancienne.
Plusieurs professeurs de langue française nous ont prié de faire entrer dans notre recueil quelques psaumes et cantiques. Nous en avons choisi parmi ceux qui nous paraissaient les plus appréciés dans TÉglise Eéformée de France.
Dans ce recueil, destiné principalement à l'usage des écoles, nous ne pouvions présenter qu'un nombre assez restreint de chants. Nous recommandons à ceux de nos lecteurs qui pourront le trouver insuffisant les ouvrages suivants :
Vieilles chansons et rondes (Pion Nourrit et C*', Paris) ; Voyez comme on danse (Adrien Sporch, Paris) ; Sonnez les matines (même éditeur) ; Mélodies populaires des Provinces de France (Tiersot, Heugel et C^, Paris); Huit chants ïiérdiques de V ancienne France (Union pour l'action morale, 6 Impasse Bonsin, Paris) ; 40 chansons populaires des Provinces de Vouest. (Hachette et G'*, Paris) ; Mélodies populaires de Basse-Bretagne (Lemoine et Fils, 17 Bue Pigalle,Taris) ; et pour les psaumes et cantiques: — Cantiques populaires (Grassart, 2 Bue de la Paix, Paris); Psaumes et cantiques ^Berger- Levrault et C*, 5 Bue des Beaux-Arts, Paris),
Nous tenons à reconnaître certains services très appréciables qui nous ont été rendus dans la composition de ce livre : M. F. B. Bobert, de Montréal, nous a renseigné sur les chants préférés de l'ÉgUse Béformée de France ; M. W. L. Brooksbank a composé l'air de la chanson : Ma fortune est faite ; M. Marc Delmas, Secrétaire du Comité de la Société des Compositeurs de Musique, a corrigé plusieurs des airs d'après les éditions conservées à Paris ; Messieurs Larousse nous ont permis de reproduire les versions des chansons citées dans leur Dictionnaire ; Messieurs Levrault et O* nous ont autorisé à prendre dans leur recueil plusieurs psaumes ; et, enfin, M. Buck, Professeur de musique à Harrow School, a eu l'amabilité de relire les épreuves de l'ouvrage entier et de nous offrir des conseils qui nous ont été d'une très grande utilité.