Paris et Pampeluue Observaient anxieux
En regardant la lune,
Sa marche dans les (deux.
On s’attendait, en vilFfe,
A voir l’astre éclipsé;
Mais au hameau tranquille.
Nul ne l’aurait pensé.
Loin de tout vacarme, Ses bons habitants Vivaient sans alarme En leurs doux hi-hans.
Hi-han !
Pauvres gens!
Hi-han, hi-han, hi-han!
3. Leur frayeur fut extrême, Quand l’astre, dans la nuit, Voilant sa face blême, Subitement s’enfuit.
« Avez-vous vu la lune? »
Disaient-ils haletants.
Las! de réponse, aucune, Et les voilà tremblants!
Alors grand vacarme :
Les bons habitants, Versant mainte larme Criaient par les champs :
Hi-han !
Pauvres gens!
Hi-han, hi-han, hi-han!
4. Mais voici que Grégoire Déclare d’un ton net Qu’il vit en un seau boire Messire Jean Baudet Tout juste à la seconde Où l’astre se cachait;
Or, dans l’eau peu profonde, Dit-il, la lune était.
Soudain grand vacarme, Et chaque habitant, Saisissant une arme, Court sus au gourmand.
Hi-han !
Pauvre Jean!
Hi-han, hi-han, hi-han!
Leur fureur se concentre Sur cet âne fatal;
On le prend, on l’éventre :
« Rends-nous l’astre, animal !»
Il n’avait point la lune,
Et son cuir fut fendu :
On ne trouva pas l’une,
Et l’autre fut perdu.
Aussi quel vacarme Chez les habitants !
L’un verse une larme, L’autre crie aux champs :
Hi-han !
Pauvre Jean !
Hi-han, hi-han, hi-han!
Vous riez de l’histoire?..
Hélas! sous le soleil,
On trouve maint Grégoire Et maint drame pareil.
Pour bannir de la France Sottise et Cruauté,
Qui sont de l’Ignorance L’horrible parenté :
Fuyant tous vacarmes, Travaillez, enfants;
Sinon que de larmes, Quand vous serez grands! Hi-han !
Pauvres gens !
Hi-han, hi-han, hi-han!
Paroles de Georges Haurig'Ot.
Mam’zelle Calinote
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