PETITE FLEUR DE LA VALLEE
Petite fleur de là vallée,
O fleur des prés, fleur étoilée, Sous le ciel bleu du clair matin Tu t'épanouis radieuse Et tù regardes, bienheureuse, Autour de toi ton frais jardin.
Quand le soleil vient à reluire Tu donnes à tous ton sourire.
j6 LES CHANTS DE LA MONTAGNE.
Fleur frêle tu ne sais qu'aimer!
Et le zéphyr ardent qui passe Qui te caresse et qui t'embrasse De toi^ parfum vient t'embaumer.
Frémissante et toute embrasée Tu bois la vie et la rosée,- Pâle dans tes premiers amours.
Ton beau calice pleure encore De joie et dit à cette aurore :
Oh! rayonne ainsi pour toujours!
Mais lorsque la sombre soirée Se répandra dans la vallée Tes yeux tristes se voileront, Et dans la nuit, dans le silence, Petite fleur, fleur d'espérance.
Pour toujours ils se fermeront.
L^AUBEPINE ET L'ÉTOILE
L'aubépine dit à Tétoile : f Bel astre d'or du sombre azur, Qui me regarde de la toile Du firmament tranquille et pur;
f Dis, me vois-tu ? Je viens d'éclore Au bord du verdoyant talus, J(5 suis blanche étoile à T aurore Et demain )e ne serai plus,
Tu reluis, reine, en ton cortège, Nul n'a jamais compté tes jours ; Je viens et passe comme neige , Mais toi tu brilleras toujours.
« Que ne suis-je la belle étoile .
La flamme fière au firmament.
Que ne puis-je, ardente et sans voile, Resplendir éternellement! »
L'étoile dit à l'aubépine :
« Ma pauvre fleur, console-toi ; Fleuris en paix sur ta colline, Garnie bonheur n'est pas en moi.
• Vois, je me consume en silence, Superbe et triste en ma beauté ; Je cherche d'un regard intense Ma sœur depuis l'éternité.
f Mais toi, tu n'es pas solitaire Sur ta verte colline en fleur.
Et tu prodigues à la terre Le parfum qui sort de ton cœur.
« Ah! que ne suis-je Téglantine Qui n'a qu'un printemps pour fleurir, Ou que ne suis-je l'aubépine Pour pouvoir aimer et mourir ! •
ROSSIGNOLETTE
Au fond des bois, Rossignolette Dans les branches a soupiré, Sa vive et longue chansonnette Dans la forêt morte a vibré.
Sa vive et longue chansonnette Sans réponse encore a jailli.
Pourtant Pervenche et Violette Sous le bois mort ont tressailli.
Pervenche et pâle Violette Sommeillent encor loin du jour, Mais ta voix, ô Rossignolette, Les réveille d*un cri d'amour !
Comme toi mon âme charmée Qui vibre et frémit par instants, Sent venir une femme aimée Dans la musique du printemps.