SOLITUDE
Plus pâle brûlait ma lumiére Entre mes murs silencieux, Comme un songe ma vie entière Se déroulait devant mes yeux.
M'engoufirant dans la nuit profonde Et glaciale autour de moi, A travers tout ce vaste monde Enfin j'arrivai jusqu'à toi.
Je te revis ! Fière et rêveuse Ton beau front entre tes deux mains , Au fond de ton âme orageuse Glissaient des souvenirs lointains ;
Et tout à coup sur moi tu lèves Tes yeux vaguants , tes sombres yeux Qui m'ont versé le flot des rêves, L'enfer des désirs douloureux.
Que cherchent-ils donc dans le vide?
Attirent-ils encor ce coeur?
O profondeur douce et perfide, Abîme où dort tout mon bonheur
Tu souris I Fais-le donc revivre Ce mal profond, ce mal cuisant, Fascine-moi, que je m'enivre De ton fluide un seul instant.
Ah ! tu souris de ma détresse, En toi Torage s'est calmé ; Ton front tranquille se redresse.
Ce marbre n'a jamais aimé!
Plus pâle brûlait la liuniére, Va-c'en, va-t'en, sooge lointain, La nuit est froide et solitaire , liC flambeau vacille et s'éteint.