‹ Les chants de la montagneChapitre 20 sur 60 · VIE NOUVELLE · texte numérisé non relu

VIE NOUVELLE

Par monts et vaux rugissait le tonnerre, Les bois craquaient sous la foudre et le vent, Et les vieillards au seuil de leur chaumière Semblaient s'attendre au jour du jugement.

Tout était morne, et dans le noir espace L'oiseau de mort jetait ses cris affreux ; ^ Je me suis dit : bravons Forage en face !

La joie au front marchons vers d'autres çieux.

8o LES CHANTS DE LA MONTAGNE.

Longtemps encor la foudre sur ma téce Gronda; plus fier en cressaillic mon cœur; A chaque fois que hurlait la tempête Je m^élançais plus libre et plus vainqueur.

Plus haut! disais-je, et les sombres nuages M'enveloppaient d'éclairs et de torrents, Et les hameaux, les clochers, les villages, Disparaissaient dans les gou£fres béants.

Mais quand je vins à la haute montagne, Le ciel s^ouvrait devant moi frais et clair.

Sous moi Torage inondait la campagne £t. les brouillards dansaient comme une mer.

La brune fille à la fière encolure Portait le foin sur sa tête en riant.

Le grand troupeau couché dans la verdure paisait entendre un long mugissement.

Lorsqu^à nos pieds grondait le sourd tonnerre Tremblaient les monts et les rocs de granit ; Mais sur nos fronts s*épandait la lumière Et les oiseaux se berçaient au zénith.

PAR MONTS ET PAR VAUX 8i

La brune fille à la bouche rieuse/ S'en vint puiser de Teau dans le torrent Belle et tranquille ; et Tonde harmonieuse Vint bouillonner dans sa cruche en riant ;

Et le berger sur les vastes prairies Jouait debout'sa cornemuse au vent ; Dans le ciel bleu montaient ses mélodies, Dans le ciel bleu limpide et rayonnant.

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