‹ Les chants de la montagneChapitre 8 sur 60 · LA FILEUSE · texte numérisé non relu

LA FILEUSE

Pâle et pauvre fileuse, Je t'écoute en rêvant; Ta voix mélodieuse M'entre au cœur bien avant.

Devant ta porte ouverte, " Le soir, pourquoi chanter?

La route est si déserte, Qui donc peut t'écouter?

]a LES CHANTS DE LA MONTAGNE.

Le voyageur, fillette, Seul frémit à ta voix, Un instant il s'arrête £t puis s^enfonce au bois.

— La rose à ma fenêtre,

Regarde," voyageur,

La fleur, sans te connaître.

Te souffle sa senteur.

La rose toute pleine Au grand ciel veut s'ouvrir.

En donnant son haleine, La fleur se sent mourir.

Comme elle, je m'effeuille Et je meurs tous les jours.

Sans savoir qui recueille Mes chants et mes amours.

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