LÉON DIERX
Je dédie a LES CHANTS DE LA VIE ARDENTE
En signe d'affectueux respect
St-G. de B.
PREFACE
Trois recueils bien distincts composent la matière générale des Chants de la vie ardente : Tun que j'appelle le Livre erotique et sacré comprend des espèces de poèmes en forme d'épitres didactiques dont le but est de proposer, comme étant les meilleurs chi monde naturellement, les moyens que pour ma part propre je m^efforce de pratiquer en vue d'obtenir sur cette terre quelque réjouissance et quelque plaisir. C'est une œuvre assez nouvelle et bien que j'y traite çà et là des sujets les plus scabreux, en ce sens qu'ils touchent de très près aux secrètes règles de l'amour, je lui crois un caractère grave dans son ensemble. Il ne faut pas perdre de vue que mon dessein en l'écrivant a été de faire un poème législatif.
La deuxième partie des Chants de la vie ardente a pour titre le Mystère des choses. Je l'ai formée de
PREFACE
sonnets, m'imaginant que la structure de cette expression lyrique correspondait exactement, par son ordre assez arbitraire et en tout cas singulier, aux sentiments que m'inspiraient certains des spectacles du monde.
Enfin quant aux derniers poèmes de cet ouvrage ils sont d'un caractère intime et personnel qui m'a permis de les nommer Elégies et chants de résurrection. Ces vers sont le produit d'une profonde émotion ; je ne les ai composés que lorsqu'un sentiment violent m'y avait déterminé ; la mélancolie qui m'est habituelle m'en a suggéré beaucoup, mais certains sont nés cependant d'une de ces sensations de joie en présence de l'existence qui ressemblent presque exactement à de saintes actions de grâce.
Telle est à peu près la substance de ce volume.
Sans doute il ne m'appartient pas de me prononcer au sujet de mon ouvrage. Il est cependant bien certain que puisque je lui donne le jour c'est parce que je l'en crois digne.