‹ Les chants de la vie ardenteChapitre 120 sur 140 · LA FROIDEUR · texte numérisé non relu

LA FROIDEUR

Tu ne me réponds point, tu te tais, c'est en vain

Que j'exprime l'amour dont tout mon être est plein.

Je tire de mon cœur une parole lente

Dont l'élocution te laisse indifférente.

Alors je te saisis, je te prends dans mes bras,

Je te presse et te baise et tu ne frémis pas !

Est-il vrai que tu sois près de moi sans envie.

Que j'étreigne mi beau corps tout dépouillé de vie,

Et que l'illusion ne me possède point ?

Peut-être es-tu partie à mon insu, très loin.

Quand je crois te tenir et t'occuper sans cesse.

Ton être est insensible à ma vaine caresse !

Et ni mes mots d'amour, ni ma voix, ni mes cris,

Ni mes baisers brûlants, ni mes sanglots meurtris,

Ni les embrassements des étreintes entières

Ne peuvent dissiper cette froideur de pierre !

Rien n'émeut ton silence et ta stabilité.

Je ne sais plus comment ranimer ta beauté !

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