LA FROIDEUR
Tu ne me réponds point, tu te tais, c'est en vain
Que j'exprime l'amour dont tout mon être est plein.
Je tire de mon cœur une parole lente
Dont l'élocution te laisse indifférente.
Alors je te saisis, je te prends dans mes bras,
Je te presse et te baise et tu ne frémis pas !
Est-il vrai que tu sois près de moi sans envie.
Que j'étreigne mi beau corps tout dépouillé de vie,
Et que l'illusion ne me possède point ?
Peut-être es-tu partie à mon insu, très loin.
Quand je crois te tenir et t'occuper sans cesse.
Ton être est insensible à ma vaine caresse !
Et ni mes mots d'amour, ni ma voix, ni mes cris,
Ni mes baisers brûlants, ni mes sanglots meurtris,
Ni les embrassements des étreintes entières
Ne peuvent dissiper cette froideur de pierre !
Rien n'émeut ton silence et ta stabilité.
Je ne sais plus comment ranimer ta beauté !