LE CHANGEMENT
Est-ce donc sans plaisir quà présent je te voie. Sans goût que je t'écoute, ô maîtresse, et sans joie Que je puis te presser sur mon stérile sein ? Tous les charmes légers dont ton visage est ceint, Les pudeurs, les gaités et les vertus encore. Je ne les connais plus et mon cœur les ignore ! Quoi ! serais-je insensible à ces beaux ornements Pour lesquels si longtemps je fus plein de tourments ? Ces parures d'un être adorable et farouche N'ont-elles plus de prix aussitôt qu"on les tonche ? 0 ma douce beauté, qui de nous a changé ? Qui de nous deux, hélas! est à l'autre étranger ?