‹ Les chants de la vie ardenteChapitre 17 sur 140 · SUR LE DÉNOMBREMENT DES BEAUTÉS DE LA FEMME · texte numérisé non relu

SUR LE DÉNOMBREMENT DES BEAUTÉS DE LA FEMME

Loueras-tu ses vertus et la grâce nouvelle

De sa taille qui glisse, Et sa forme fleurie et son flanc qui recèle De secrètes délices ?

Dis-lui comme elle est belle, et sans cesse célèbre

Sa face transparente, Sa bouche dont l'odeur parfume les ténèbres

Comme une urne brûlante.

Tour à tour vante-lui l'élan de son allure

Analogue à la danse Et ses poses d'amour que modèle et qu'épure

Son air de nonchalance.

Exprime ta ferveur pour ces hanches qui pHent,

Lourdement balancées.

Présages délicats des plus belles folies

Et des plus insensées !

Tu peux encor chanter la couleur de sa joue

A la rose étrangère :

Elle semble en cristal et l'aurore se joue

Sur sa courbe légère !

Si belle qu'elle soit toutefois vaudrait-elle

De tels ravissements Si tu ne voyais pas dans sa grâce fidèle

Un plaisir si charmant ?

Ainsi ces teintes d'or, ces beautés et ces lignes,

Elles n'ont d'harmonie Que par tous les frissons que suscitent leurs signes

Dans ton àme ravie !

Car ces traits dangereux te semblent des promesses

De caresses complices.

Et puis, à contempler tant de formes, renaissent

Sans cesse, ses délices !

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