SUR LE DÉNOMBREMENT DES BEAUTÉS DE LA FEMME
Loueras-tu ses vertus et la grâce nouvelle
De sa taille qui glisse, Et sa forme fleurie et son flanc qui recèle De secrètes délices ?
Dis-lui comme elle est belle, et sans cesse célèbre
Sa face transparente, Sa bouche dont l'odeur parfume les ténèbres
Comme une urne brûlante.
Tour à tour vante-lui l'élan de son allure
Analogue à la danse Et ses poses d'amour que modèle et qu'épure
Son air de nonchalance.
Exprime ta ferveur pour ces hanches qui pHent,
Lourdement balancées.
Présages délicats des plus belles folies
Et des plus insensées !
Tu peux encor chanter la couleur de sa joue
A la rose étrangère :
Elle semble en cristal et l'aurore se joue
Sur sa courbe légère !
Si belle qu'elle soit toutefois vaudrait-elle
De tels ravissements Si tu ne voyais pas dans sa grâce fidèle
Un plaisir si charmant ?
Ainsi ces teintes d'or, ces beautés et ces lignes,
Elles n'ont d'harmonie Que par tous les frissons que suscitent leurs signes
Dans ton àme ravie !
Car ces traits dangereux te semblent des promesses
De caresses complices.
Et puis, à contempler tant de formes, renaissent
Sans cesse, ses délices !