‹ Les chants de la vie ardenteChapitre 3 sur 140 · SUR LE BUT DE CE LIVRE · texte numérisé non relu

SUR LE BUT DE CE LIVRE

Suis-je né d'une race exécrable à cet astre,

Que tout m'est étranger !

Je vis loin de la joie et de sanglots chargé, Le limon de la terre à mon corps mélangé Fait venir le désastre.

Déclairs enveloppé, j'ai marché solitaire.

Et je connais la nuit.

Jai sondé le roc noir, un flot de vie y luit, Je le ferai jaillir dans un farouche bruit,

Pour qu'il me désaltère !

En vain, l'azur fatal a brillé sur la plaine.

En séchant la moisson.

Moi je n'ai recueilli dans ma grave raison Xi les odeurs des bois, ni leur sel, ni leur son,

Xi leur brûlante haleine.

b LES CHANTS DE LA VIE ARDENTE

M'est-il donc défendu de goûter tous les charmes

De ce monde changeant ?

Suis-je msensible à l'aube, à ses clartés d'argent, A la lune si belle, à ce ciel indulgent

Qui dissipe les larmes ?

Est-ce d'un sang plus pur, d'une argile d'étoile

Que je suis composé ?

La terre m'est hostile, et le temps m'a glacé. Vivre en ce monde obscur laisse mon cœur brisé

Sous l'éclat de son voile !

Car je te cherche en vain, ô Beauté que jadcre,

Et ton baiser m'est dû. Sans loi je dépéris, dans les ombres perdu, Car je t'aime, ô Beauté, d'un amour éperdu

Et tel qu'il me dévore !

Je t'appelle en tous lieux, c'est toi qui me tourmente

D'un désir sans repos !

Alin de t'arracher à l'abîme, au chaos, Je porterai partout le feu de mes flambeaux

Dans ces ombres fumantes !

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