‹ Les chants de la vie ardenteChapitre 63 sur 140 · LE MONDE DIVIN · texte numérisé non relu

LE MONDE DIVIN

Penché sur l'univers où 'descend l'harmonie Vous avez approché l'esprit pur sans contour. Autour de vous dansaient la divine Uranie, Altaïr et Vénus, ensemble^ ou tour à tour.

Dans l'espace où palpite une aurore infinie, Comme à travers du verre on voit briller le jour, Il ne faut point cesser de pénétrer la vie Dont les planètes d'or forment les chants d'amour

Le vaste éther qui roule autour du large monde Ne compose-t-il pas les lignes de sa ronde Du mouvement divin de l'éternel esprit?

L'univers n'a pour nous nulle essence physique, L'esprit partout scintille et partout semble inscrit En notes d'astres d'or d'où coulent des musiques !

UAGTEUR TRAGIQUE

Assemblant sur ta tète aux traits soudain hagards Le chœur vertigineux des astres fatidiques, Tu bondis repoussant les vents de toutes parts, Dans un monde inconnu qu'aucune loi n'explique,

Là, redoutable à voir, farouchement tu pars^ Résolu à heurter les pôles pathétiques.

Et dans cette contrée où soufflent les hasards, Tu fais tout retentir de tes éclats tragiques.

Sur cet astre agité par des forces fatales,

Tandis que tu gémis et que tu te lamentes

La foudre hors de la nue amassée est fumante.

Et dans des sites d'or, d"écume et de basalte, Sous ces cercles de sang et de ténèbres pâles, Tu passes tout hurlant des crimes qui t'exaltent !

Page 1