OBJURGATION
Si, découvrant l'horreur que mon amour t'inspire, Tout à coup ton beau front je le vois rougeoyer, Va, tu peux te soustraire à mon stérile empire Et puis fuir à jamais ces bras qui t'ont choyée !
Je ne veux pas peser sur ton cœur qui respire, Ni t'emplir de frayeur, ni non plus te broyer, Ni tarir ton sang pur qui s'enfle en son délire Comme une onde où soudain tout l'azur s'est noyé !
Je te désire entière et que tu me présentes Ton être offert avec ton âme et tes secrets, Autrement je te hais, pars, va-t-en, disparais 1
Donne-moi tes espoirs, tes murmures, tes vœux, m Tes songes palpitants et tes grâces décentes : Sinon fuis-moi dans l'ombre où volent tes cheveux !