‹ Les chants de la vie ardenteChapitre 81 sur 140 · L'HORREUR DE L'AMOUR · texte numérisé non relu

L'HORREUR DE L'AMOUR

Telle une ardente faunesse Dont brusquement le poil roux S'enfle et se tord en courroux Quand le satyre la presse,

Que de fois, ô ma maîtresse, Tu fuis mes désirs trop fous.

Et bondissant tout à coup, Tu repousses ma caresse.

Tu pars, la face écumante.

Et, terrible, avec des cris De nymphe qui se lamente !

Devant ma luxure amère.

Tu fuis, et tes chants meurtris

Ebranlent toute la terre !

I^K MVSTKUE DES CHOSES 165

EMBRASSEMEXT

Quand tout à coup, courbant ton corps lu te modèles, Telle une molle argile en les doigts du potier, Tu te tends palpitante en des formes nouvelles Que ramour taille et dont je vois l'éclat ployer^

Hors du bloc où dormaient tes splendeurs éternelles. Tu jaillis les seins nus et de roses noyés, Et faisant scintiller tes lignes qui ruissellent Tu te teins de divins rayons par milliers !

Tu resplendis tordue en un rythme damour. Statue offerte en ses beaux flancs de diamant ! Tu parais froide, ardente et calme tour à tour.

Tu te lèves dans ta chair dastre et d'épousée, Et puis tenflant d'un sang avide et dévorant, Par l'amour je te vois lourdement balancée.

Page 1