‹ Les chants de la vie ardenteChapitre 93 sur 140 · LE VOYAGE DU REDEMPTEUR · texte numérisé non relu

LE VOYAGE DU REDEMPTEUR

J'ai franchi le noir fleuve et son flot souterrain, L'âpre écume a mouillé le cuir de ma sandale. Et penché sur la proue oii resplendit l'airain, J'ai vu frémir dans l'eau la planète fatale !

Je suis resté terrible en ce cite incertain.

Oh ! fantômes ! lumière ! horreur dont je suis pâle,

Je vous ai reconnus et ne vous ai pas craint.

Et j'ai suivi la voie étroite en la rafale !

Je n'étais pas parti pour revenir tout seul,

Grand Dieu ! Funèbre asile ! Effrayante contrée !

Je voulais déHvrer l'homme de son linceul.

La terre est limoneuse et le flot coule et fuit.

Je ne dirai jamais quelles formes sacrées

La mort tient malgré moi captives dans la nuit !

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