RIE DE SEINE
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
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Malheur aux yaincas!
Paeoles di Ba»f(cs a Rome.
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Poètes, ne profanons pas
Nos chants pour les heureux du monde ;
Gomme la charité féconde
A l'indigence ouvre ses bras,
Que la Muse au malheur réponde
Et, source pure, offre son onde
Aux cœurs qui saignent ici-bas.
11 faut des chants pour la victime Lorsque triomphent les bourreaux
Il faut des chants pour les héros , Martyrs d'une cause sublime; Pour tant de dévouements si beaux, Couverts de la nuit des tombeaux Par la main jalouse du crime.
Il faut des chants pour le penseur Qui vit pauvre, abreuvé d'outrages.
Et meurt sans prévoir les hommages Des temps dont il est précurseur; Des chants aux généreux courages Qui défendent dans tous les âges L'opprimé contre l'oppresseur»
Oui, des chants pour les grandes Âmes, Sources des publiques vertus ; Des chants pour les hommes élus Que consument de saintes flammes; Pour tous les êtres méconnus
Vainqueurs là-haut, ici vaincu»;
Des chants pour nous, ô pauvres fernooes !
Ah ! que de désespoirs qu'on ne saura jamais, Que d'héroïques pleurs, que de luttes muettes Réclament ici-bas des voix pour interprètes!
Mon cœur, qui fut trahi par lous ceux que faîmais, Reporte aux affligés son amour solitaire ; Hélas ! de tous les bruits qui se font sur la terre, Le seul bruit des douleurs me touche désormais.
J'écoute, elpar ma sympathie Toute soufiErance est ressentie, Maux cachés, éclatants revers; J'écoute , et vers moi chaque plaiale Monte comme une note sainte Que je recueille daas mes vers.
Et dans les âmes délaissées.
Mes vers, fraternelles pensées,
Eveillent des échos touchants ; La gloire de ma vie obscure, Gloire passagère, mais pure, Est de consoler par mes chants.
D'un vol plus haut de grands poètes Tentent les sublimes conquêtes.
Rêves de ma témérité; Dispensateurs de la justice.
Leur chant est l'immortel supplice Qui poursuit toute iniquité.
Leur chant punit ou récompense ; Il rend un culte à la souffrance, Il fait triompher les vaincus.
L'humanité croit au génie, Et c'est par lui qu'elle renie Le mot barbare de Brennus !
Novembre 1845.
PRÉS DE S\ PILLE lOURAXTE.