LE MIDI
LIS SIISIDL
Ambitieuse fantaisie
D'un esprit par le Nord glacé, Faire des vers sur toi, terre de poésie.
Ce sera d*un beau chant l'écho presque effacé.
Comment rendre par le langage L'enchantement de ton rivage.
D'où s'exhale un souffle attiédi?
Tes jours si purs, tes nuits sans voiles.
Ton soleil , tes vives étoiles.
Comment te peindre, 6 beau Midi !
Je vois encor, patrie absente.
Sous la lumière (éblouissante, Tes horizons se dérouler, Et de tt^ montagnes dorées Les cimes d'azur éclairées Aux blancs nuages se mêler.
Le soir, sur tes bords inclinées J'entends la Méditerranée Oui te caresse en s'endormanl; Mer sereine ofi rit la tempête, Mouvant azur où se reflète La beauté de ton firmament.
Je sens encor ta chaude haleine Oui dans les blés mCirs de la plaine Creuse en courant de hauts sillons; Et, par ces jours brûlants, couchée Sur l'herbe fraîchement fauchée, J'écoute le chant des grillons.
J'aspire la senleur divino Dont la lavande el Taubépine Imprègnent les airs à Venlour; Almosphère voluptueuse, Où l'àme flotte radieuse Dans un premier songe d*amour.
Amour, nature, fraîche image, Oui reparait comme un mirage, Et qu'on veut en vain ressaisir !
Hélas! quand la jeunesse est morte, D'où vient que le flot qui l'emporte Laisse surnager le désir?