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Pâle et l'œil enflammé, cette femme qu'a-l-elle?
Quel mal la fait mourir en la remlantpliis belle?
Quel souflle Ta t<iuchéc et la courbe en passant?
Quel fluide embrasé circule dans son sang?
Elle est seule ; et pourtant l'air vide qu'elle embrasse;
Pour elle se remplit d'un fantôme qui passe !
Elle aspire un parfum, elle entend une voix,
Elle se lève : il vient ! C'est Lui comme autrefois !
Lui !... Toujours cet espoir, toujours, pauvre insensée,
Le feu du souvenir brûle dans sa pensée.
Mais Lui, que fait-il donc?.. . Sans elle est-il heureux?
Il ne l'aimait donc pas? Elle aimait donc pour deux ?
Elle était le foyer qui lui versait la flamme, Elle le faisait vivre en lui prêtant son âme. Désirs, combats, transports d'un amour enivrant, Il ne vods sentait pas tout en vous inspirant !
Oh! mystère effrayant, énigme douloureuse!
Hëlas ! comment l'amour dans cette àme orageuse Peut-il, en aveuglant sa raison qu'il soumet. Dérober le néant de celui qu'elle aimait?
Quoi 1 toutes les clartés de son intelligence N'ont pas su de ce cœur lui montrer l'indigence ! Quoi ! son regard, pour tous si sûr et si profond, En Lui vit les dehors sans pénétrer le fond ! Ah ! c'est que trop longtemps cette àme palpitante Poursuivit un fantôme adoré dans l'attente.
C'est à cet idéal qu'elle s'abandonna.
Le rêve fut détruit. . . et Lui la domina !
Jouet des passions, non, l'àme n'est pas libre ! Si le coeur qui se sent saigner dans chaque fibre,
Lorsque l'amour l'attire et le frappe au hasard , Pouvait de sa blessure arracher l'affreux dard, 11 n'irait pas traînant sa honte et sa souffrance, Et bientôt du dédain naîtrait Vindifférencc; Mais non ! l'amour s'obstine et le cœur se débat. Puis se meurt sans avoir triomphé du combat.
Oui donc répand en nous cette fatale ivresse? Oh ! c'est toujours Vénus, l'implacable déesse; C'est toujours l'ancien dieu qui joint aveuglément Deux cœurs, faits pour se fuir, dansun embrassemenl.
A BilSlAlirOMIR.
A PROPOS DE rMlIlOlIUTION DU «ONUIENT D8 lOLltRI «.
Pourquoi cacher ton front dans la retraite.
Ton noble front que Ton veut couronner?
Illustre ami du peuple et son poëte, I^aisse sur lui ta gloire rayonner !
Pour saluer l'image de Molière, Vrai philosophe, intègre citoyen.
Ta voix devait s'élever la première, Car ton génie est le frère du sien.
* Lorsqu'il fut question d'inaugurer le monument de Molière, la jennessn des écoles fe rendit en députation auprès de notre grand poète et lui demanda de présider à cette inauguration ; Tillustre chansonnier refusa et so déroba à Tovation qui lui était destinée.
Fils tous les deux d'une muse hardie, Sur les abus frappant à l'unisson, Ce qu'il a fait, lui , par la comédie, Toi, tu le fais aussi par la chanson.
Libre penseur, épris du seul mérite, 11 flagella l'orgueil patricien.
Le parvenu, le pédant, l'hypocrite...
Oh ! ton génie est le frère du sien !
L'humanité n'eut pas d'âme meilleure ; Facile à tous, prodigue à l'indigent.
Il répandait sans compter, à toute heure, Génie, amour, gaité, jeunesse, argent.
Cette bonté, la tienne la rappelle.
Toi... Mais tu veux que l'on taise le bien ; Aussi tout bas ma voix répète-t-elle :
Ton noble cœur est le frère du sien !
Issu du peuple, il en eut la tendance: L'esprit du temps ne put le contenir;
Il pressentait, dans son indépendance, L'essor hardi que prendrait l'avenir.
De tout faux culte il brisait les barrières ; Railleur profond, poëte logicien, Déjà son œil embrassait nos lumières.
Et son génie avait la foi du tien.
Viens donc nous dire, aux pieds de sa statue. Un de ces chants que retient le pays !
Viens te mêler à cette foule émue.
Toi qui survis à tant d'espoirs trahis.
Déranger, que ce vœu s'accomplisse !
Molière et toi, son nom auprès du tien.
Ce sera grand et ce sera justice, Car ton génie est le frère du sien !
Février 18M-