‹ Les chants des vaincus: poésies nouvellesChapitre 13 sur 69 · INFIDÉLITÉ · texte numérisé non relu

INFIDÉLITÉ

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(DédicàI»•*•^)

Eh quoi ! les oœurs liés Sans mourir se délient?

Quoi ! les hommes oublient Comme vous oubliez !

Une autre est la victime, Mais c'est vous que je plains, Vous dont rien ne ranime Les souvenirs éteints !

Quoi ! ces heures si belles, Qu'on passait confondus, S'envolent infidèles, Et ne reviennent plus ?

Ces intimes pensées Qu'ensemble on échangeait, Aujourd'hui dispersées.

Vont d'objet en objet !

Quoi ! ces fêtes de Tàme Que le monde ignorait, (ùes extases de flamme M'ont pas même un regret!

De tant d'images tendres À peine on se souvient; Des sentiments en cendres Il ne reste plus rien !

Et le cœur se profane, Et l'amour se dément ;

El rhomme se condamne A ce grand dénùment !

On raille sans souffrance Ce qui fît le bonheur.

Comme un lâche en démence Rit en perdant l'honneur !

Avoir mêlé ses larmes, Ensemble avoir prié, Avoir, jours pleins de charmes î Tout connu de moitié !

Soif de l'intelligence.

Élans vers l'idéal, Luttes de la croyance Contre un doute fatal.

Aux sources éternelles Des désirs généreux, En unissant ses ailes.

S'être élevés tous deux.

Avoir, louchant mystère !

L'un par l'autre inspirés, Répandu sur la terre Des bienfaits ignorés ;

N'avoir formé qu'un être.

Bon et grand par l'amour.

Et ne plus se connaître.

Et se maudire un jour !

Oh ! l'âme est avilie Par cet horrible jeu !

Mieux vaudrait la folie...

Mieux vaut la mort, mon Dieu !

La mort, qui nous sépare.

Promet l'éternité ; La mort est moins barbare Que l'infidélité!

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