RÉVEIL DE LA POLOGNE
Elle se lève, elle appelle la vie, La nation qu'on veut anéantir !
De son tombeau sort le peuple martyr.
Et l'aigle blanc plane sur Cracovie î
Sublime élan ! ce grand corps mutilé Après quinze ans ressuscite plus brave ; Les rois bourreaux qui le tenaient esclave Sous son regard intrépide ont tremblé !
Mais, s'ils ont peur, leur nombre les rassure : N'ont-ils pas su, vautours unis entre eux, Depuis un siècle élargir la blessure Toujours saignante à ce flanc généreux !
Linceul pesant, leur triple tyrannie, liberté! comprime ton essor; Mais de ce peuple invincible génie, liberté! tu viens l'armer encor !
De l'héroïsme impérissable exemple!
Duel à mort et toujours renaissant !
Un contre trois ! .. . L'Europe les contemple Sans mettre fin à ce drame de sang.
Ta noble lutte, hélas ! n'a pas d'issue, Tu le sais bien... et pourtant tu combats, Fière Pologne, immortelle Vaincue, Que l'on enchaîne, et qu'on ne dompte pas!
La France en vain rêve ta délivrance; Quel bras fatal arrête son secours?
Qui donc retient le grand cœur de la France?
Qu'est devenu le peuple des trois jours?
mars 18(|6.