‹ Les chants des vaincus: poésies nouvellesChapitre 52 sur 69 · ADAM LUX · texte numérisé non relu

ADAM LUX

Ëh bien, enchalnez-moi sur la même charrette, Versez sur l'échafaud mon sang avec le sien ; De toutes vos fureurs je ne redoute rien ; Car, depuis que j'ai vu cette héroïque femme, Mourir à côté d'elle est le vœu de mon âme.

Puisqu'un peuple égaré l'outrage et la maudit, Oh ! qu'elle entende au moins ma voix qui l'applaudit!

CHARLOTTE , du haut de la charrette qui traverse . lentement le théâtre.

De ce cri généreux mon cœur vous remercie.

L'heure de mon supplice esl par vous adoucie ; Je n'ai trouvé qu'en vous un sentiment humain.

PLUSIEURS VOIX

Tais-toi ! le peuple attend !

d'autres voix.

Passe donc ton chemin !

ADAM LUX, se débattant entre les mains du peuple.

Malheur sur vous ! malheur !

PLUSIEURS VOIX

Au cachot !

d'autres VOIX.

A la Seine! charlotte.

Peuple aveugle, insensé qui veux briser ta chaîne, Tout dévoûment pour toi, peuple ingrat, est perdu; Tu frappes de tes mains ceux qui t'ont défendu !

plusieurs voix.

A bas la condamnée ! à bas ! c'est trop d'audace !

CHARLOTTE, du pied de Téchafaud.

Peuple, au milieu de vous j'ai la plus noble place !

Regardez ! à la mort je monte le front haut :

" Le crime fait la honte, et non pas l'échafaud. ^ »

* Vers de Thomas Corneille; Charlotte le rappelle elle-môme à sou pèro dans sa lettre d'adieu.

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