ADAM LUX
Ëh bien, enchalnez-moi sur la même charrette, Versez sur l'échafaud mon sang avec le sien ; De toutes vos fureurs je ne redoute rien ; Car, depuis que j'ai vu cette héroïque femme, Mourir à côté d'elle est le vœu de mon âme.
Puisqu'un peuple égaré l'outrage et la maudit, Oh ! qu'elle entende au moins ma voix qui l'applaudit!
CHARLOTTE , du haut de la charrette qui traverse . lentement le théâtre.
De ce cri généreux mon cœur vous remercie.
L'heure de mon supplice esl par vous adoucie ; Je n'ai trouvé qu'en vous un sentiment humain.
PLUSIEURS VOIX
Tais-toi ! le peuple attend !
d'autres voix.
Passe donc ton chemin !
ADAM LUX, se débattant entre les mains du peuple.
Malheur sur vous ! malheur !
PLUSIEURS VOIX
Au cachot !
d'autres VOIX.
A la Seine! charlotte.
Peuple aveugle, insensé qui veux briser ta chaîne, Tout dévoûment pour toi, peuple ingrat, est perdu; Tu frappes de tes mains ceux qui t'ont défendu !
plusieurs voix.
A bas la condamnée ! à bas ! c'est trop d'audace !
CHARLOTTE, du pied de Téchafaud.
Peuple, au milieu de vous j'ai la plus noble place !
Regardez ! à la mort je monte le front haut :
" Le crime fait la honte, et non pas l'échafaud. ^ »
* Vers de Thomas Corneille; Charlotte le rappelle elle-môme à sou pèro dans sa lettre d'adieu.