‹ Les chants du crépuscule (volume 2)Chapitre 10 sur 90 · Livre salutaire Où le cœur s'emplit · texte numérisé non relu

Livre salutaire Où le cœur s'emplit

Où tout sage austère Travaille et pâlit ; Dont le sens rebelle Parfois se révèle ; Pythagore épèle Et Moïse lit!

Drccnibrc 1H31.

i^ji-fiN^ i

Hier la nuit d'été qui nous prêtait ses voiles l'était digne de loi, tant elle avait d'étoiles ! Tant son calme élail frais, tant son souffle était doux ! Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées! Tant elle répandait d'amoureuses rosées Sui- les fleurs et sur nous!

Moi, j'étais devant loi, plein de joie et de flamme. Car tu me regardais avec toute ton âme. J'admirais la beauté dont ton front se revêt. Et, sans même (ju'un mot révélât ta pensée, La tendre rêverie en ton cœur commencée Dans mon cœur s'achevait.

POÉsii:. — m.

i22 LES CHAMS DU CRÉPUSCULE

Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie, Qui, pour me rendre calme et pour me rendre Leureux, Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures, Si pleines de rayons, de parfums, de murmures. Si douces toutes deux !

Oh! oui, bénissons Dieu dans notre toi profonde! C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde ! Lui qui charme mon cœur ! lui qui ravit mes yeux ! C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère ! ^C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre • Comme l'étoile aux cieux !

C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose. L'amour en qui tout vit, l'amour sur cpii tout pose! C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour. C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine, A versé la beauté, comme une coupe pleine. Et dans mon cœur l'amour!

Laisse-toi donc aimer! — Oh! l'amour, c'est la vie. C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner. Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne. La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne. Laisse-toi couronner !

HIER, LA NUIT D'ÉTÉ m

Ce (lui ii'iiiplil une âme, hélas! lu peux m'en croire, Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire, Poussière (]uc l'orgueil rapporte des combats ; Ni l'ambition l'oUe, occupée aux chimères, Qui ronge tristement les écorces amères Des choses d'ici-bas.

Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées. Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées, Le baiser, parfum ])ur, enivrante liqueur, Et tout ce qu'un i-egard dans un regard peut lire, Et toutes les chansons de cette douce lyre Qu'on appelle le cœur.

Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète, Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite. Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne. Les cygnes ont le lac, les aigles la nioulagne. Les âmes ont l'amoui'.

il mai is;!;i.

^mi^'^

Il flrraMIilliillilliiiiirliii

Page 1