‹ Les chants du crépuscule (volume 2)Chapitre 33 sur 90 · ÉTAIT OUVERTE · texte numérisé non relu

ÉTAIT OUVERTE

l'oëlc, la ronctre était ouverte au vent,

Quand celle à qui tout bas ton cœur parle souvent

Sur ton fauteuil posait sa tête :

— t( Oh ! disait-elle, ami, ne vous y fiez pas! Parce que maintenant, attachée à vos pas,

Ma vie à votre ombi'e s'arrête ;

« Parce que mon regard est fixé sur vos yeux ; Parce que je n'ai plus de sourire joyeux Que pour votre grave sourire ;

Parce que, de l'amour me faisant un linceul, Je vous offre mon cœur comme un livre où vous seul Avez encor le droit d'écrire ;

« Il n'est pas dit qu'enfin je n'aurai pas un jour La curiosité de troubler votre amour

Et d'alarmer votre œil sévère.

Et l'inquiet caprice et le désir moqueur De renverser soudain la paix de votre cœur

Comme un enfant renverse un verre !

((. Hommes, vous voulez tous qu'une femme ait longtemps Des fiertés, des hauteurs, puis vous êtes contents.

Dans votre orgueil que rien ne brise, Quand, aux feux de l'amour qui rayonne sur nous, Pareille à ces fruits verts que le soleil fait doux,

La hautaine devient soumise.

« Aimez-moi d'être ainsi ! — Ces hommes, ô mon roi, Que vous voyez passer si froids autour de moi.

Empressés près des autres femmes, Je n'y veux pas songer, car le repos vous plaît; Mais mon œil endormi ferait, s'il le voulait,

De tous ces fronts jaillir des flammes ! »

Elle parlait, charmante et fière et tendre encor. Laissant sur le dossier de velours à clous d'or

Déborder sa manche traînante ; Et toi tu croyais voir à ce beau front si doux

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