A OL
0 poêle ! je vais dans ton âme blessée Remuci" jusqu'au fond ta profonde pensée.
Tu ne l'avais pas vue encor ; ce fut un soir,
A l'heure où dans le ciel les astres se font voir,
Qu'elle apparut soudain à tes yeux, fraîche et belle,
Dans un lieu radieux qui rayonnait moins qu'elle.
Ses cheveux pétillaient de mille diamants.
Un orchestre tremblait à tous ses mouvements
Tandis qu'elle enivrait la foule haletante,
Blanche avec des yeux noirs, jeune, grande, éclatante.
POÉSIE, — Ht. 38
Tout en elle éfail feu qui brille, ardeur qui rit. La parole parfois tombait de son esprit Comme un épi doré du sac de la glaneuse Ou sortait de sa boucbe en vapeur lumineuse. Cbacun se récriait, admirant tour à tour Son front plein de pensée éclose avant l'amour, Son sourire entrouvert comme une vive aurore, Et son ardente épaule, et, plus ardents encore, Comme les soupiraux d'un centre étincelant. Ses yeux où l'on voyait luire son cœur brûlant. Elle allait et passait comme un oiseau de flamme. Mettant sans le savoir le feu dans plus d'une âme. Et dans les yeux fixés sur tous ses pas charmants Jetant de toutes parts des éblouissements !
Toi, tu la contemplais n'osant approcher d'elle, Car le baril de poudre a peur de l'étincelle.
i6 mai 1837.
Jeune homme, ce méchant lait une lâche gueiTe.
Ton indignation ne l'épouvante guère.
Crois-moi donc, laisse en paix, jeune homme au noble cœur.
Ce Zoïle à l'œil faux, ce malheureux mocjueur.
Ton mépris? mais c'est l'air qu'il respire! Ta haine?
La haine est son odeur, sa sueur, son haleine !
11 sait qu'il peut souiller sans peur les noms fameux,
Et que pour (ju'on le touche il est trop venimeux.
11 ne craint rien; pareil au champignon difforme
Poussé dans une nuit au pied d'un chêne énorme.
Qui laisse les chevreaux autour de lui paissant
Essayer leur dent folle à l'arbuste innocent;
Sachant ((u'il porte en lui des vengeances trop sûres,
Tout gonllé de poison il attend les morsures.
18 mai 1837.