‹ Les chants du crépuscule (volume 2)Chapitre 39 sur 90 · PASSE · texte numérisé non relu

PASSE

Alors comme aujourd'hui, pour Candale ou Caussade, La nuée au ciel hlou mêlait son blond duvet, Un doux rayon dorait le toit grave et maussade, Les vitres flamboyaient sur toute la façade, Le soleil souriait, la nature rêvait.

Alors comme aujourd'hui, deux cœurs unis, deux âmes Erraient sous ce feuillage où tant d'amour a lui. 11 nommait sa duchesse un ange entre les femmes Et l'œil plein de rayons et l'œil rempli de flammes S'éblouissaient l'un l'autre, alors comme aujourd'hui

Au loin dans lo bois vague on entendait des rires. C'étaient d'autres amants, dans leur bonheur plongés. Par moments un silence arrêtait leurs délires. Tendre, il lui demandait : D'où vient que tu soupires? Douce, elle répondait : D'où vient (jue vous songez?

Tous deux, l'ange et \c roi, les mains entrelacées, Ils marchaient, fiers, joyeux, foulant le vert gazon. Ils mêlaient leurs regards, leur souffle, leurs pensées... — 0 temps évanouis ! ô splendeurs éclipsées ! 0 soleils descendus derrière l'horizon!

1" avril 1835.

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