A LAURE, DUCHESSE D'A
Puisqu'ils n'ont pas compris, dans leur étroite sphère, Qu'après tant de splendeur, de puissance et d'orgueil, 11 était grand et beau que la France dût l'aire L'aumône d'une fosse à ton noble cercueil*;
■ Le conseil rauuicipal de la ville de Paris a refusé de donner six pieds de terre daùs le cimetière du Père-Luchaise pour le tombeau de la veuve de Juuot, ancien gouverneur de Paris.
Le ministre de l'intérieur a également refusé uu morceau de marbre pour ce monument.
(Juunmux de février 1840.)
Puisqu'ils n'ont pas senti que celle qui sans crainte Toujours loua la gloire et flétrit les bourreaux A le droit de dormir sur la colline sainte, A le droit de dormir à l'ombre des béros ;
Puisque le souvenir de nos grandes batailles Ne brûle pas en eux comme un sacré flambeau ; Puisqu'ils n'ont pas de cœur, puisqu'ils n'ont point d'entrailles; Puisqu'ils t'ont refusé la pierre d'un tombeau ;
C'est à nous de cbanter un cbant expiatoire ! C'est à nous de t'on"rir notre deuil à genoux ! C'est à nous, c'est à nous de prendre ta mémoire Et de l'ensevelir dans un vers triste et doux !
C'est à nous cette fois de garder, de défendre La mort contre l'oubli, son pâle compagnon ; C'est à nous d'effeuiller des roses sur ta cendre ; C'est à nous de jeter des lauriers sur ton nom !
Puisqu'un stupide aff'ront, pauvre femme endormie, Monte jusqu'à ton front que César étoila, C'est à moi, dont ta main pressa la main amie, De te dire tout bas : Ne crains rien ! je suis là !
Car j'ai ma mission ; car, armé d'une lyre. Plein d'bymnes irrités ardents à s'épancher, Je garde le trésor des gloires de l'empire ; Je n'ai jamais soufl'ert qu'on osât y toucher !