LES NÉGRILLONS
Je ris lorsque je vois de pauvres imbéciles, Des coeurs atrophiés et des cerveaux fossiles T’insulter, ô Voltaire, et dire gravement Qu’il faut jeter à bas ton large monument !
Je ris lorsque je vois ces brutes indociles Chercher dans l'arsenal de leurs vieux ustensiles Quelque bon mot usé, quelque lâche argument, Que contre tes vigueurs ils lancent saintement !
Là-bas, vers le désert, j’ai vu dans mes voyages, Lorsque le soleil mord sous un ciel sans nuages, Quand la chaleur accable et quand tout est vermeil,
J’ai vu les négrillons de la Basse-Nubie, Saisis de je ne sais quelle absurde lubie, Lancer, pour le punir, des cailloux au soleil !
Novembre 18î»i.