LES NOCES DE L’ORPHELINE
Si le père était là, comme les choses vite Changeraient de tournure! Il manque, on le voit bien : Dans cette vaste cour rassemblée est petite,
Je cherche mes parents et je ne trouve rien.
J’enverrai le coucou te quérir, ô mon père...
Hélas ! à l’opposé le coucou prend son vol.
« Toi, rossignol, veux-tu voler au cimetière? »
Non, il n’écoute pas ma voix, le rossignol.
J enverrai le coucou : « Va quérir à cette heure, Coucou, va-t’en quérir mon père bien-aimé. »
— Le coucou gris refuse et mon père demeure Aujourd’hui loin de moi, dans sa fosse enfermée
— « Oh ! je serais heureux de sortir déjà tombe,
De marcher en plein air, d’aller chez mon enfant,
De donner cette joie à ma douce colombe...
Hélas ! je ne le peux, la mort me le défend.
(( Le cercueil m’emprisonne en ses planches clouées Je cherche, mais en vain, à faire un mouvement ; Mes bras sont enchaînés, mes jambes sont nouées ;
Il faut rester ici dans l’engourdissement ! »
Mon père voudrait bien assister à la fête,
Où sa fille est en pleurs parcequ’il ne vient pas...
La terre humide, hélas ! a pesé sur sa tête Et s’est mise en travers pour arrêter ses pas.