‹ Les chants oraux du peuple russeChapitre 109 sur 134 · LES NOCES DE L’ORPHELINE · texte numérisé non relu

LES NOCES DE L’ORPHELINE

Si le père était là, comme les choses vite Changeraient de tournure! Il manque, on le voit bien : Dans cette vaste cour rassemblée est petite,

Je cherche mes parents et je ne trouve rien.

J’enverrai le coucou te quérir, ô mon père...

Hélas ! à l’opposé le coucou prend son vol.

« Toi, rossignol, veux-tu voler au cimetière? »

Non, il n’écoute pas ma voix, le rossignol.

J enverrai le coucou : « Va quérir à cette heure, Coucou, va-t’en quérir mon père bien-aimé. »

— Le coucou gris refuse et mon père demeure Aujourd’hui loin de moi, dans sa fosse enfermée

— « Oh ! je serais heureux de sortir déjà tombe,

De marcher en plein air, d’aller chez mon enfant,

De donner cette joie à ma douce colombe...

Hélas ! je ne le peux, la mort me le défend.

(( Le cercueil m’emprisonne en ses planches clouées Je cherche, mais en vain, à faire un mouvement ; Mes bras sont enchaînés, mes jambes sont nouées ;

Il faut rester ici dans l’engourdissement ! »

Mon père voudrait bien assister à la fête,

Où sa fille est en pleurs parcequ’il ne vient pas...

La terre humide, hélas ! a pesé sur sa tête Et s’est mise en travers pour arrêter ses pas.

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