LA BEAUTÉ
Sur la table, devant la mariée, on place une couronne laite de fleurs et de rubans et connue sous le nom de Beauté. C’est comme le symbole de sa libre et joyeuse jeunesse. La Beauté doit être partagée entre ses compagnes ou donnée à l’une d’entre elles.
O mon amie, compagne bien aimée,
Où enverrai-je ma beauté ?
La laisserai-je aller clans les bois ?
Elle y perdra bientôt son chemin.
La laisserai-je aller dans les prés?
Elle y errera longtemps.
La laisserai-je descendre dans la rivière ?
Ses pieds seront vite entraînés.
Je donnerai ma beauté A cette douce jeune fille,
La chère Olinka.
Avec elle ma beauté Trouvera un asile :
La chère sera caressée à l’aise.
Elle a sa propre mère,
Son propre père ;
Elle a des frères, brillants faucons ;
Blancs cygnes sont leurs épouses.
LA MALMAR1ÉE
Parmi les groseillers Coulait un ruisseau Quand ma mère m’enfanta,
Moi, pauvre misérable.
Par un choix malheureux Elle me donna un mari Dans un lointain Et inconnu pays.
Mon beau-père Me gronde pour des riens ;
Ma belle-mère Pour des niaiseries.
Je veux m’esquiver, m’enfuir.
Sous forme de coucou,
Je m’envolerai jusqu'à la maison, A la maison de mon père.
Dans son vert jardin,
Je me percherai Sur le pommier Que ma mère aime tant.
LA MALMARIKE
Là, je crierai comme le coucou,
Je me lamenterai,
Jusqu’à ce que mes tristes plaintes Fassent pleurer tous les yeux,
Jusqu’à ce que Je jardin soit arrosé De larmes amères.
Par les corridors Ma mère accourt ;
Elle réveille Ses belles-filles :
« Debout, debout, vite,
Mes chères filles !
Quel est cet oiseau Dans notre jardin ? »
— «Je vais tirer et le tuer, »
Dit le fils aine.
— « Je vais le chasser, »
Dit le cadet.
Le plus jeune dit :
« Je vais aller voir Si ce ne serait point Notre pauvre sœur De chez les étrangers,
Du pays lointain, de chez les étrangers...
Viens, viens, ma sœur,
Viens dans notre maison ; Uaeonte-nous tes peines Et demande-nous les nôtres. »