LE RÊVE
La nuit, j’ai peu dormi, mais j’ai beaucoup rêvé ; Dans mon sommeil j’ai vu choses étranges, même.
Un arbre en notre cour d’abord s’est élevé ;
Puis, tout auprès, il vint s’en dresser un deuxième Et, sur le tronc de l’arbre, il me semblait encor Voir croître des rameaux, rameaux d’argent et d’or.
— <a Chère âme, dit le chef de la maison, écoute ;
Ton rêve, j’en comprends le sens mystérieux :
Ces deux arbres, c’est moi, c’est toi, sans aucun doute, Moi qui suis tout à toi, toi qui m’appartiens toute ;
Et les rameaux que l’arbre étalait sous tes yeux,
Ce sont nos chers enfants, ces rameaux précieux. »