‹ Les chants oraux du peuple russeChapitre 129 sur 134 · L’ORPHELINE · texte numérisé non relu

L’ORPHELINE

O mon doux rossignolet,

Ton ramage tant me plaît !

Distrais-moi, de ta voix tendre...

Perdue en lointain pays,

Que j’ai besoin de t’entendre :

Pas de foyer, pas d’amis !

Je n’ai ni père ni mère Pour me gronder! pas de frère, De sœur pour m’accompagner...

Orpheline abandonnée,

Faut-il donc me résigner A si triste destinée ?...

Je partirai, j’errerai ;

Du bonheur j’en trouverai !...

— J’ai gravi le mont austère :

De bonheur pas un lambeau !...

Voici le val solitaire Où ma mère a son tombeau.

Là, d’une voix caressante,

Songeant à ma mère absente,

Je lui dirai : « Lève-toi Du sein de la terre humide,

O ma mère, et donne-moi Un bon conseil qui me guide.

« Que faire donc ? Travailler ?

Gagner pour mieux m’habiller ? »

— « Chère enfant, vaille que vaille, Vèts-toi comme tu pourras ;

Selon tes moyens travaille Et fais ce que tu sauras.

« A travers terre inconnue, Comment donc es-tu venue Pour m’avoir trouvée ici ?

As-tu suivi le nuage,

La pluie, ou peut-être aussi Le flot du courant sauvage ? »

— <t Pour me guider en ce lieu, Nuage, pluie ou Ilot bleu N’ont, aidé mon indigence ;

J’y vins san$Jour secours, mais Seule avec ma malechance Qui lie me quitte jamais ! »

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