‹ Les chants oraux du peuple russeChapitre 130 sur 134 · LA VEUVE ET SA FILLE · texte numérisé non relu

LA VEUVE ET SA FILLE

Le blé verdoie aux champs gaîment Et j’ai plus d’un ami fidèle :

Pourtant mon cœur est en tourment, Car on va marier ma belle...

Va te marier, va, porte-toi bien !

Mes lèvres jamais ne te diront rien.

Sellez vite mon cheval noir,

Que chez la veuve je m’en aille !

Maroussia, sa fille, ce soir,

Travaille, sans répit travaille :

La voici, cherchant dans les coins, mettant Tout propre au logis, balayant, frottant.

« Maroussia, ma fille, dis-moi,

Dis-moi, lui demande sa mère,

Quels hôtes attends-tu ? Pourquoi Si bien ranger notre chaumière ? ))

— (( Ma mère, pourquoi t’enquérir ainsi ?

Ce n’est pas à moi de répondre ici. »

— «Tu ne veux pas répondre ? Aveu Clair et sincère... Je souhaite De te voir, ma fille, avant peu Devenir tout de bon muette. »

— a Puisse Dieu t’entendre et combler tes vœux, Si je vaux si peu, ma mère, à tes yeux ! »

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