LA VEUVE ET SA FILLE
Le blé verdoie aux champs gaîment Et j’ai plus d’un ami fidèle :
Pourtant mon cœur est en tourment, Car on va marier ma belle...
Va te marier, va, porte-toi bien !
Mes lèvres jamais ne te diront rien.
Sellez vite mon cheval noir,
Que chez la veuve je m’en aille !
Maroussia, sa fille, ce soir,
Travaille, sans répit travaille :
La voici, cherchant dans les coins, mettant Tout propre au logis, balayant, frottant.
« Maroussia, ma fille, dis-moi,
Dis-moi, lui demande sa mère,
Quels hôtes attends-tu ? Pourquoi Si bien ranger notre chaumière ? ))
— (( Ma mère, pourquoi t’enquérir ainsi ?
Ce n’est pas à moi de répondre ici. »
— «Tu ne veux pas répondre ? Aveu Clair et sincère... Je souhaite De te voir, ma fille, avant peu Devenir tout de bon muette. »
— a Puisse Dieu t’entendre et combler tes vœux, Si je vaux si peu, ma mère, à tes yeux ! »