L’ANNEAU DE LA PRINCESSE
Sur la route qu’un rayon dore Qui mène-t-on mourir ainsi ?
C’est plus qu’un marchand, plus encore Qu’un boïar : le prince est ici.
Des deux côtés, soldats en armes ;
En avant le bourreau tout seul ; Derrière, la princesse en larmes,
Pale, pale comme un linceul !
Ses pleurs, source amère qui coule, Sourdent en rougissant ses yeux ;
Ils tombent, c’est un (lot qui roule, Voilant son visage anxieux.
— a Ma boïarine bien-aimée,
Qui, l’âme en deuil, suis tous mes pas, Sèche ta paupière enflammée ;
Ne pleure pas, ne pleure pas ! »
— (( Ne pas pleurer ce sort funeste !
Mes paysans, mon or, mon bien,
On a tout pris, rien ne me reste ;
Hors mon anneau, je n’ai plus rien ! »
— « Donne-le, dernier sacrifice,
Au bourreau qu’il rendra clément., Pour qu’il abrège mon supplice En me tuant plus promptement ! »