‹ Les chants oraux du peuple russeChapitre 25 sur 134 · L’ANNEAU DE LA PRINCESSE · texte numérisé non relu

L’ANNEAU DE LA PRINCESSE

Sur la route qu’un rayon dore Qui mène-t-on mourir ainsi ?

C’est plus qu’un marchand, plus encore Qu’un boïar : le prince est ici.

Des deux côtés, soldats en armes ;

En avant le bourreau tout seul ; Derrière, la princesse en larmes,

Pale, pale comme un linceul !

Ses pleurs, source amère qui coule, Sourdent en rougissant ses yeux ;

Ils tombent, c’est un (lot qui roule, Voilant son visage anxieux.

— a Ma boïarine bien-aimée,

Qui, l’âme en deuil, suis tous mes pas, Sèche ta paupière enflammée ;

Ne pleure pas, ne pleure pas ! »

— (( Ne pas pleurer ce sort funeste !

Mes paysans, mon or, mon bien,

On a tout pris, rien ne me reste ;

Hors mon anneau, je n’ai plus rien ! »

— « Donne-le, dernier sacrifice,

Au bourreau qu’il rendra clément., Pour qu’il abrège mon supplice En me tuant plus promptement ! »

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