‹ Les chants oraux du peuple russeChapitre 3 sur 134 · CHANTS DES FETES & DES SAISONS ANCIENNES COÜTUMES · texte numérisé non relu

CHANTS DES FETES & DES SAISONS ANCIENNES COÜTUMES

KOLYADKI

(Chants de Noël)

Kolyada est arrivée

Kolyada ! Kolyada !

Kolyada est arrivée La veille de la Nativité.

Nous avons marché, nous avons cherché La sainte Kolyada

À travers toutes les cours, dans toutes les allées. Nous avons trouvé Kolyada Dans la cour de Pierre.

Autour de la cour de Pierre, il y a une clôture de fer Sur le milieu de la cour, il y a trois chambres :

Dans la première est la lune brillante ;

Dans la seconde le rouge soleil Et dans la troisième maintes étoiles.

La lune (du genre masculin en russe), c’est le maître de la maison ; le soleil (féminin en russe), c’est la maîtresse ; les étoiles ce sont les enfants... A tous, le chant souhaite, en terminant, bonne santé et longues années.

Les dons

— « Ouvrez, portiers, ouvrez la porte ! »

— (( Qui parle ainsi d’une voix forte ? »

— a Ce sont les serviteurs du chef. »

— « Dites quels dons leur troupe apporte ? »

— « Un essaim d’abeilles. »

— « C’est bref !

Oui, c’est vraiment trop peu de chose... »

— « Eh bien ! faut-il doubler la dose ? »

— « Dites ce que vous donnerez. »

— « Une jeune fille au front rose.

Au beau front ceint de fleurs des prés. »

Chant de quête de Noël, chanté par deux groupes, l'un à la porte, liautie.â l'intérieur de la maison.

KOLYADKI

Le bouc

Quelques Kolyadki rappellent les sacrifices de l'époque païenne telles que la suivante :

Au delà de la rivière, de la rivière rapide,

» O Kolyadka !

Là, sont d’épaisses forêts.

Dans ces forêts des feux sont allumés,

De grands feux sont allumés.

Autour des feux sont posés des bancs,

Sont posés des bancs de chêne.

Sur ces bancs, les jeunes gens,

Les jeunes gens, les belles jeunes filles Chantent les chants de Kolyada.

Kolyadka î Kolyadka !

Au milieu d’eux est assis un vieillard ;

Il aiguise son couteau d’acier.

l T n chaudron bout vivement.

Près du chaudron se tient un bouc :

On va abattre le bouc.

Frère Ivan usb ko,

Sors, saute !

— Avec plaisir je sauterais, Mais la pierre ardente M’attire vers le chaudron ;

Les sables jaunes Ont sucé à sec mon cœur.

O Kolyadka ! ô Kolyadka !

Le pin

La veille du nouvel an, les enfants vont de maison en maison, semant sur leur passage diverses graines, surtout de l'avoine, et chantant la Kolyadka suivante. Ovsen semble être une divinité solaire, un jeune dieu se manifestant avec le renouvellement de l’année et portant la lumière et les fruits de la terre.

Dans la forêt, dans la forêt de pins,

Il y avait un pin Vert et brancliu.

O Ovsen ! ô Ovsen !

Les boyards sont venus,

Ont abattu le pin,

L’ont scié en planches,

KOLYÀDKI

Ont construit un pont, L’ont couvert de toile, Y ont planté des clous.

O Ovsen ! ô Ovsen !

Où donc, où donc irons-nous Le long de ce pont?

Chez Ovsen nous irons Au nouvel an.

O Ovsen ! ô Ovsen î

La gardienne de la vigne

La montagne escarpée exhalait, exhalait un gémisse- Sur elle ne croit pas encore le gazon soyeux ; [ment : Seule a poussé la vigne au vin vert.

Une belle dame gardait la vigne,

Gardait la vigne ; elle s’est profondément endormie. Alors sont venus les oiseaux du ciel,

Ils ont becqueté la vigne au vin vert Et réveillé la belle dame.

Aussitôt elle entend

Et les repousse de sa manche :

cc Eloignez-vous, oiseaux du ciel !

Moi-mèmç j’ai besoin de vin Pour le mariage de mon frère et de ma sœur ; Moi-même, tà un jeune homme je suis fiancée ! »

Dans cette belle dame, les mythologues voient l'Aurore, dont ce rôle de maître des cérémonies des noces est indiqué dans diverses chansons, telles que la suivante.

La Lune et l’Aurore

La Lune allait errant dans le ciel, ,

Elle rencontra la brillante Aurore :

« Aurore, Aurore, où as-tu été ?

Où as-tu été ? où as-tu l’intention de t’établir ? »

— (( Où j’ai l’intention de m’établir ?

Chez Pan Yvan,

Chez Pan Yvan, dans sa cour,

« Dans sa cour, dans sa demeure,

Dans sa demeure ; il y a deux agréments :

Le premier, marier son fils ;

Le second, donner sa tille en mariage. »

Cet ancien chant qui représente l'aurore comme préposée aux mariages, est, ainsi que les précédents et les suivants, chanté aux

KOLYADIvI

portes par lesenfants qui y ajoutent, comme ils le font généralement aux Kolyadki, quelques vers particulièrement adressés aux gens de la maison :

Portez-vous bien, le père, la mère Et tous les parents,

Avec notre Dieu, Jésus-Christ Et la Sainte-Famille.

Un grand nombre de chants conservent le souvenir des astres, en tant que divinités du paganisme slave. Voici une daina lith uanienne qui met en scène un dieu (la lune) et une déesse (le soleil) :

La Lune se maria avec le Soleil Dans le premier printemps.

Le Soleil se levait de bonne heure,

La Lune le quitta et s’en alla.

La laine voyagea seule,

Courtisa l’Etoile du matin.

Perkouns, grandement irrité,

La pourfendit d’un coup de sabre :

(( Pourquoi as-tu quitté le Soleil ?

Pourquoi errer la nuit, seule Et courtiser l’Etoile du matin ? »

Plein d’amertume était son cœur.

Perkouns est le dieu supérieur, porte-foudre ; sa statue tenait à la main une pierre précieuse, qui brillait comme le soleil, dont elle était remblème ; devant elle brûlait sans cesse lin feu de bois de chêne.

Le départ pour la Horde

Peter est prêt à partir pour la Horde,

Koleda Tausen !

Alexandra à ses pieds le supplie,

Koleda Tausen !

« Ne va pas à la Horde ! ne va pas servir le roi ! Koleda Tausen !

Sers le Tsar blanc,

Koleda Tausen !

Sans toi sûrement je ne peux,

Koleda Tausen !

Manger le pain et le sel,

Koleda Tausen !

Ni reposer sur un lit,

Koleda Tausen !

Maintenant je dormirai dans le chagrin, Koleda Tausen !

Sur les planches nues,

Koleda Tausen !

Sur le poêle chaud,

Koleda Tausen 1 Sur la neuvième brique,

Koleda Tausen ! »

KOLYADKI

Les trois flûtes

La sombre montagne s’est obscurcie,

Suc elle s’étend un noir nuage

Et par derrière vient un fier jeune homme.

J1 est ceint d’une ceinture de paille A laquelle pendent deux ou trois flûtes.

La première est de corne,

La seconde de cuivre,

La troisième de cornes d’aurochs.

Quand il souffle dans la flûte de corne,

Une voix passe à travers la foret ;

Quand il souffle dans celle de cuivre,

Une voix monte jusqu’au sommet des montagnes ; Quand il souffle dans celle d’aurochs,

Une voix s’élève jusqu’au ciel !

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