LE DÉPART DES TCHOUMAKS
Mon bien-aimé s’est mis en route Et moi, j’ai couru sur ses pas :
— « Ecoute, je t’en prie, écoute,
Mon bien-aimé, ne t’en va pas !
« Je t’en conjure, arrête, arrête !.. »
Enfin il fait halte à mes cris ;
Moi, je retourne sa charrette Et je détèle ses bœufs gris :
— ((O mon cher coeur, vois nos alarmes.
Tes parents meurent de douleur ;
Tes enfants sont noyés de larmes ;
Ne va pas chercher le malheur ! »
— « Ma mie, assez !.. vaine prière!
Pour longtemps nous voilà partis !
(1) Cosaques marchands qui allaient en caravanes s’approvisionner de sel et de poisson see dans les pays musulmans.
Laisse pleurer la vieille mère, Pleurer le père et les petits.
(( Je reviendrai plus tard, sans doute.
Pour aujourd'hui tu sais qu'il faut De la steppe prendre la route :
Contre le sort rien 11e prévaut.
« Mais pour attirer sur ma tête Ses faveurs, fais ce que je dis :
Chôme dimanche et chaque fête Et jeûne tous les vendredis. »
Pauvre femme ! elle reste seule Et va rejoindre à pas tremblants,
Près des enfants, la pâle aïeule.
Le père infirme à cheveux blancs.