LA FLEUR EFFEUILLÉE
Oh ! quel chagrin ronge mon cœur !
Car un autre a pour fiancée Celle vers qui va ma pensée Toujours, malgré son air moqueur.
Hélas ! elle rit de mes peines :
Je ne possède presque rien,
Mais je l’aime tant ! amours vaines, On choisit l’autre : il a du bien.
A la fontaine transparente,
Où je la connus par malheur,
J’irai, puis cueillant une fleur Et l’effeuillant sur l’eau courante,
Je verrai l’onde doucement La lui porter vers sa demeure Et là, jusqu’à ma dernière heure,
Je resterai dans mon tourment.