‹ Les chants oraux du peuple russeChapitre 90 sur 134 · LE CRI DE L’AIGLE · texte numérisé non relu

LE CRI DE L’AIGLE

L’aigle criait planant au-dessus du flot noir :

(( Triste sort d’être pauvre et d’aimer sans espoir ! »

Le malheur jusqu’au bout me tiendra dans sa serre ;

Ma mère m’enfanta dans un jour de misère.

Non, ce n’est pas dans l’or, dont le riche est gorgé, Qu’est le bonheur : il est dans l’amour partagé.

Ma vie à l’abandon s’en va ; ma destinée Est maudite de Dieu, maudite et condamnée.

Dans le steppe sans but j’erre ; au loin mon regard Se perd, mais n'aperçoit ma belle nulle part.

Quand je songe aux doux mots d’amour que sur sa bouche J’ai recueillis, je pleure, inconsolé, farouche...

Ouvrez-vous, creusez-vous, o tlots noirs de la mer,

Que je me précipite en votre gouffre amer !

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