LE CRI DE L’AIGLE
L’aigle criait planant au-dessus du flot noir :
(( Triste sort d’être pauvre et d’aimer sans espoir ! »
Le malheur jusqu’au bout me tiendra dans sa serre ;
Ma mère m’enfanta dans un jour de misère.
Non, ce n’est pas dans l’or, dont le riche est gorgé, Qu’est le bonheur : il est dans l’amour partagé.
Ma vie à l’abandon s’en va ; ma destinée Est maudite de Dieu, maudite et condamnée.
Dans le steppe sans but j’erre ; au loin mon regard Se perd, mais n'aperçoit ma belle nulle part.
Quand je songe aux doux mots d’amour que sur sa bouche J’ai recueillis, je pleure, inconsolé, farouche...
Ouvrez-vous, creusez-vous, o tlots noirs de la mer,
Que je me précipite en votre gouffre amer !