LE SÉDUCTEUR
Où donc dormirons-nous cette nuit, jeune fille ?
— Là-bas, au pied du pin, tout au milieu du pré.
— Quelle couche aurons-nous sous rétoile qui brille ?
— Le gazon tendre donne un lit tout préparé.
— Et de quoi nous couvrir dans cette herbe menue ?
— Le dais noir de la nuit tous deux nous couvrira.
— Comment nous éveiller, sitôt l’aube venue ?
— C'est le chant des oiseaux qui nous éveillera.
— Avec quoi, le matin, nous laver le visage ?
Pour nous laver les mains où prendrons-nous de l’eau ?
— La rosée à tes yeux s’olïre pour cet usage ;
Moi, je prendrai mes pleurs coulant comme un ruisseau.
— Et de quoi pourrons-nous déjeuner, jeune fille,
Avant que sonne l’heure où je te quitterai ?