‹ Les chants oraux du peuple russeChapitre 98 sur 134 · LE SÉDUCTEUR · texte numérisé non relu

LE SÉDUCTEUR

Où donc dormirons-nous cette nuit, jeune fille ?

— Là-bas, au pied du pin, tout au milieu du pré.

— Quelle couche aurons-nous sous rétoile qui brille ?

— Le gazon tendre donne un lit tout préparé.

— Et de quoi nous couvrir dans cette herbe menue ?

— Le dais noir de la nuit tous deux nous couvrira.

— Comment nous éveiller, sitôt l’aube venue ?

— C'est le chant des oiseaux qui nous éveillera.

— Avec quoi, le matin, nous laver le visage ?

Pour nous laver les mains où prendrons-nous de l’eau ?

— La rosée à tes yeux s’olïre pour cet usage ;

Moi, je prendrai mes pleurs coulant comme un ruisseau.

— Et de quoi pourrons-nous déjeuner, jeune fille,

Avant que sonne l’heure où je te quitterai ?

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