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REGARDS EN ARRIÈRE

Le long du chemin gris que je venais de prendre, Je marchais, l'autre soir, allant vers l'orient. Le ciel, que mes regards voyaient couleur de cendre, Etait derrière moi limpide et souriant.

J'allais, hâtant le pas, vers la ville prochaine. Lourd d'ennui mais poussé par un grave devoir ; J'allais ; mais par moments, l'âme de langueur pleine. Je me tournais vers le couchant, si doux à voir.

Je contemplais grisé la voûte calme et fière.

Et puis je reprenais ma course vers la nuit,

J'allais, inassouvi d'espace et de lumière.

Vers l'ombre, en regardant le coin des cieux qui luit !

Cette ombre, c'est demain ; la route, c'est ma vie ; Et l'occident qui brille encor, c'est le passé. Je vais ; mais quelquefois mon âme inassouvie, Faible, regarde au loin l'azur (qu'elle a laissé !

O douceur du beau corps capricieux qui ploie Et de la rêverie aux berges du sentier ! Splendeurs des livres lus sous l'abat-jour de soie Lorsque la ville dort dans un silence entier !

Rayonnement d'Hier, oh ! comme tu nous lies ! Allant aux devoirs saints de nos temps endeuillés, Comme on tourne les yeux vers vos mélancolies, Lumineux souvenirs des jours ensoleillés !

Avril ipij.

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