LE CHAT ET LA SOURIS
Dans la grange où le sort fantasque nous confine Un jeune chat jouait avec une souris.
Le drôle la lâchait, puis prompt, comme surpris, La rattrapait d'un jet de sa patte féUne.
Enfin, puisqu'il faut bien que tout jeu se termine, Il serra dans ses crocs son partenaire gris. Le petit corps craqua, pendit comme un débris. Disparut ; et le chat roula sa langue fine.
Ils riaient tous. Pourquoi ? Je restai là, rêvant. Ah ! c'est la même loi pour tout être vivant : Quelqu'un fait un jouet de nous et puis nous broie.
Et je songeais au gueux, je songeais à l'amant, Aux peuples, au destin dont nous sommes la proie. Est-ce que l'être, ô Dieu ! souffre éternellement ?