‹ Les Chants secretsChapitre 18 sur 51 · LA TOMBE · texte numérisé non relu

LA TOMBE

Sur le bord du chemin nous vîmes une tombe. Pour jardin l'herbe haute, et pour cippe un bouleau ; Dans l'écorce une croix détachée au couteau. Nous nous taisions parmi la paix du soir qui tombe.

Nous vînmes près du tertre. Au tronc qui le surplombe Un nom était gravé. Seuls devant ce tombeau, Dans le recueillement du soir mystique et beau. Nous sentions ces pitiés sous qui l'âme succombe.

Mais soudain, sur la route, en un fracas d'enfer, Un convoi trépidant roula, heurtant le fer. Ce fut comme une image affreuse de la vie.

Alors, l'esprit tourné vers le voyage humain, Je n'ai plus regardé que d'un regard d'envie J.a tombe qui dormait sur le bord du chemin.

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